Une initiative française pour rallier les banques au plan d’aide à la Grèce

Selon la stratégie imaginée, les créanciers privés réinvestiraient seulement une partie des bons du Trésor grecs auxquels ils ont souscrits. Une solution plus incitative pour les banques.

EURACTIV.fr

Selon la stratégie imaginée, les créanciers privés réinvestiraient seulement une partie des bons du Trésor grecs auxquels ils ont souscrits. Une solution plus incitative pour les banques.

La France abat ses cartes pour sortir la Grèce de l’ornière. Selon des informations révélées par Le Figaro, le ministère des Finances et les banques françaises se sont accordés sur un scénario visant à organiser la participation de financeurs privés au deuxième plan d’aide européen pour Athènes.

Réinvestir 70% 

La solution est fondée sur le “roll over”, principe selon lequel les banques renouvellent leur souscription aux obligations grecques dès qu’elles arrivent à échéance. La méthode avancée prévoit cependant que les banques ne réinvestissent que 70% des sommes remboursées.

La moitié sera allouée à la Grèce sous forme de prêts étalés sur 30 ans, le reste sera réinvesti sur un fonds rémunéré. Cette alternative s’avère plus incitative pour les banques car moins risquée.

Paris doit désormais rallier ses partenaires européens pour que cette solution soit mise à exécution. La Grèce doit également franchir un cap important en adoptant un nouveau plan de rigueur d’ici le 3 juillet. L’étape est indispensable pour débloquer une nouvelle tranche de 12 milliards d’euros, sans laquelle le pays ne pourra pas honorer ses prêts.

Opposition du Pasok ?

Or, des doutes subsistent sur l’adhésion du Parlement aux mesures d’austérité. Le vice premier-ministre grec Theodore Pangalos a confié au journal espagnol El Mundo que les réformes fiscales et la privatisations de sociétés nationales constituaient un obstacle de taille.

« Nous pourrions avoir des problèmes. Je ne sais pas si certains de nos députés (du Pasok) voteront contre. C’est possible », a-t-il reconnu. Le gouvernement dispose d’une très courte majorité de 155 dépuéts sur 300.

La cure d’amaigrissement que subit la Grèce s’est accompagnée d’une récession sévère, la plus dure depuis 37 ans, avec un produit intérieur brut (PIB) en recul de 4% en 2010. Le chômage a atteint le niveau record de 16,2% en mars pour l’ensemble de la population active, et de 43% chez les jeunes.

Un tel contexte soulève des doutes quant au maintien de la Grèce dans la zone euro. « Aucun arrangement n’a été arrêté pour qu’un pays puisse sortir de l’euro, ce qui, dans les circonstances actuelles, est probablement inévitable », a estimé ce week end le très riche financier Georges Soros, sans toutefois citer nommément de pays.