Une France fracturée et dominée par l'extrême droite au premier tour des élections législatives
Au terme d'une journée marquée par une participation exceptionnelle d’environ 67% des inscrits, c’est une France éclatée qui est sortie des urnes, alors que l’extrême-droite du Rassemblement national (RN, 34% des suffrages), devance les partis de gauche du Nouveau Front populaire (NFP, 28%) et l’ancienne majorité présidentielle (20%).
Au terme d’une journée marquée par une participation exceptionnelle d’environ 67% des inscrits, c’est une France éclatée qui est sortie des urnes, alors que l’extrême-droite du Rassemblement national (RN, 34% des suffrages), devance les partis de gauche du Nouveau Front populaire (NFP, 28%) et l’ancienne majorité présidentielle (20%).
Ce ne sont que des résultats préliminaires mais les premiers sondages sortis des unes dessinent une France fracturée. Pour la première fois de l’histoire de la République française, l’extrême-droite menée par le RN arrive en tête d’une élection législative, avec environ 11,9 millions de voix et 34% des suffrages, alors que le parti Renaissance d’Emmanuel Macron confirme sa déroute des Européennes, avec environ 20% des votants.
Élue dès le premier tour dans la 11ᵉ circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen n’a pas manqué de se réjouir de ces résultats inédits mais elle a immédiatement prévenu que « rien [n’était] gagné et que le second tour [serait] déterminant, pour éviter au pays de tomber entre les mains […] d’une extrême gauche à tendance violente ».
De fait, le visage de l’Assemblée nationale qui sortira du second tour le 7 juillet reste très incertain, dépendant de la constitution ou non d’un « front républicain » pour faire barrage à l’extrême droite. Difficile par exemple de dire pour l’heure si le RN pourrait s’approcher d’une majorité relative ou absolue à l’Assemblée nationale.
Un « front républicain » bien incertain
Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise (LFI), s’est voulu le plus clair possible, expliquant que dans les cas où l’un des candidats de son parti serait arrivé en troisième position après le RN et le mouvement d’Emmanuel Macron Renaissance, il se retirerait sa candidature, en « toute circonstance ».
Selon de premières estimations, environ 300 triangulaires pourraient se dessiner dimanche prochain. Il est nécessaire pour se maintenir au second tour des élections législatives de rassembler les voix d’au moins 12,5% des inscrits. La date limite pour le dépôt des candidatures est fixé à mardi 2 juillet, à 18h.
La question principale sera donc de savoir dans les prochaines heures quelle attitude adopteront les candidats de l’ancienne majorité présidentielle, dans les cas où ils seront arrivés en troisième position.
Quelques heures avant le scrutin, le président Emmanuel Macron avait envoyé une déclaration aux médias, expliquant que « face au Rassemblement national, l’heure est à un large rassemblement clairement démocrate et républicain pour le second tour ».
Une formule sibylline qui ne dit rien des enjeux locaux et des décisions individuelles des uns et des autres, alors que le chef de l’État n’a, ces dernières semaines, pas cessé de renvoyer dos à dos le NFP et le RN.
L’ancien Premier ministre Edouard Philippe a ainsi rappelé qu’aucune voix « ne [devait] se porter sur les candidats du Rassemblement national ni sur ceux de la France insoumise, avec lesquels nous divergeons, non pas seulement sur des programmes, mais sur des valeurs fondamentales ».
La présidente sortante de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), a également souligné ne pas mettre « dans le même sac les socialistes, les communistes, les écologistes et les ‘insoumis’ ».
Le Premier ministre Gabriel Attal s’est de son côté montré plus clair en soulignant que « pas une voix ne [devait] aller au Rassemblement national dans de pareilles circonstances » et souligné que les candidats de Renaissance « dont le maintien aurait fait élire un député Rassemblement national » devront se désister afin de soutenir « un autre candidat qui défend comme nous les valeurs de la République ».
Selon un sondage publié le 28 juin, 76% des électeurs macronistes seraient pourtant favorables à la constitution d’un « front républicain » au second tour.
Une campagne qui va se durcir
Avec l’effacement du camp présidentiel, les duels entre les partis de gauche rassemblés au sein du NFP et le RN seront aussi très nombreux et la campagne devrait se durcir.
Dans une allocution prononcée depuis Paris, le président du RN Jordan Bardella s’est présenté comme « l’unique rempart républicain et patriote » face à la gauche accusé de « faire courir un péril existentiel à notre nation ».
« D’un côté, l’alliance du pire, celle du nouveau Front populaire rassemblée derrière Jean-Luc Mélenchon, qui conduira le pays au désordre, à l’insurrection et à la ruine de notre économie. De l’autre, l’Union nationale que j’ai l’honneur de conduire aux côtés de Marine Le Pen », a-t-il expliqué.