Une attaque russe contre la Suède n’est pas à exclure, selon la commission suédoise de la Défense
Une attaque militaire contre la Suède n’est pas à exclure à l’heure où le pays attend d’adhérer à l’OTAN, selon un rapport sur la politique de sécurité de la Suède présenté lundi par la commission de la Défense.
Une attaque militaire contre la Suède n’est pas à exclure à l’heure où le pays attend d’adhérer à l’OTAN, selon un rapport sur la politique de sécurité de la Suède présenté lundi (19 avril) par la commission de la Défense au ministre suédois de la Défense, Pål Jonson.
Le rapport, nommé « Allvarstid » (« période d’urgence ») et dont l’origine remonterait aux années de préparation pendant la Seconde Guerre mondiale, présente l’évaluation par la commission de la Défense de l’environnement sécuritaire mondial, les implications pour la politique de défense et de sécurité de la Suède ainsi que les priorités définies pour la future adhésion de la Suède à l’OTAN.
« L’heure est grave. L’Europe est en guerre, nous devons faire face à une Russie nationaliste, impérialiste et blindée. Les développements en Asie et dans le Pacifique nous affectent », a déclaré Hans Wallmark, président de la commission de la Défense.
Selon le rapport, alors que Stockholm est en passe de rejoindre l’OTAN, la menace d’une action militaire russe ne peut être exclue.
« Une attaque armée contre la Suède ne peut être exclue. On ne peut pas non plus exclure que la force militaire ou de nouvelles menaces […] soient utilisées contre la Suède », peut-on lire dans le rapport.
Plusieurs types de menaces
Le rapport note que si les forces terrestres de la Russie sont actuellement bloquées en Ukraine, d’autres menaces militaires subsistent.
« La Russie a encore baissé son seuil d’utilisation de la force militaire et fait preuve d’un grand appétit pour le risque politique et militaire. La capacité de la Russie à mener des opérations aériennes, maritimes, nucléaires ou à longue portée contre la Suède reste intacte », peut-on lire dans le rapport.
« La Russie constituera une menace sérieuse dans un avenir proche. Cela pourrait durer des décennies », a déclaré Peter Hultqvist, ancien ministre de la Défense social-démocrate, aux médias suédois.
« La Suède doit maintenant se doter d’une force de dissuasion et d’un seuil », a-t-il ajouté.
M. Hultqvist a souligné que la Russie se livrait à la désinformation, à des cyberattaques, à l’espionnage et à la planification de la guerre, y compris directement sur le territoire suédois.
La fin du non-alignement ?
Le rapport indique également que la Suède est prête à « recourir à la force armée pour défendre son pays, sa population, sa démocratie, sa liberté et son mode de vie ».
Hans Wallmark s’est réjoui que la commission de la Défense, composée de membres de tous les partis du parlement, soit « essentiellement » d’accord sur cette question, à l’exception des partis de gauche et des écologistes, qui estiment que le pays devrait rester non aligné.
« Nous considérons que le non-alignement aurait été plus sûr pour nous à l’avenir », a déclaré Hanna Gunnarsson, membre du Parti de gauche (Vänsterpartiet).
Les autres partis estiment que la Suède se défendra mieux au sein de l’OTAN, et tant M. Wallmark que M. Hultqvist minimisent la vulnérabilité de la Suède pendant la longue période d’attente qui précède l’adhésion, en soulignant que la Suède a reçu une assurance de sécurité de la part de plusieurs pays.
Toutefois, M. Hultqvist s’inquiète de l’absence de la Suède au prochain sommet de l’Alliance, qui aura lieu à Vilnius en juillet.
« Ce n’est pas une bonne chose. Nous devons être clairs sur le fait que les pays nordiques travaillent ensemble et que les États-Unis et le Royaume-Uni continuent à soutenir les assurances de sécurité que nous avons déjà », a-t-il déclaré.
La commission de la Défense a déjà demandé au gouvernement suédois d’accélérer la prochaine décision sur sa stratégie de défense afin qu’elle puisse entrer en vigueur un an plus tôt, à savoir le 1er janvier 2025. Les changements nécessaires dans le processus de réarmement seront discutés dans son rapport final au printemps prochain.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]