Une association patronale espagnole rejette le pacte « historique » sur la réforme des retraites

L’association patronale espagnole CEOE a rejeté l’accord « historique » sur la réforme des retraites visant à rendre le système plus durable. Il avait pourtant a été signé par le gouvernement et les principaux syndicats du pays.

EFE avec EURACTIV.com
Espagne
Le ministre a également souligné que la réforme rendait le système « robuste » et qu’il garantissant la durabilité, la suffisance et des éléments d’équité. Il a aussi déclaré qu’il y « avait beaucoup de démagogie, sans chiffres sur la table », en référence à la position de la CEOE. [[Shutterstock/esfera]]

L’association patronale espagnole CEOE a rejeté l’accord « historique » sur la réforme des retraites visant à rendre le système plus durable. Il avait pourtant a été signé par le gouvernement et les principaux syndicats du pays mercredi et la Commission avait également donné son feu vert.

La signature officielle est intervenue après que le gouvernement et la Commission ont conclu un accord de « dernière minute » vendredi (10 mars), qui ouvrirait la voie à la réception par Madrid des prochaines tranches des fonds Next Generation EU.

La réforme vise à garantir la viabilité du système au moyen de différentes mesures destinées à renforcer les revenus et comprend un « quota de solidarité » pour les cotisations sociales des plus hauts revenus, doublant ainsi le mécanisme d’équité intergénérationnelle.

Le cœur de la réforme s’appuie sur un nouveau « régime de double période de calcul » établi pour les 20 prochaines années, qui permettra aux travailleurs de choisir entre le maintien des 25 années de cotisations actuellement prises en compte pour le calcul de la pension initiale ou le calcul de 29 années avec la possibilité d’en ignorer deux, ce qui revient de facto à une période de 27 ans.

Mais selon la CEOE, la réforme met en danger la compétitivité et compromet la création de futurs emplois — une opposition ressentie par le président de la CEOE, Antonio Garamendi, qui n’a pas assisté à la cérémonie de signature au siège du ministère de l’Inclusion et de la Sécurité sociale.

S’exprimant lors de la cérémonie, le ministre de l’Inclusion et de la Sécurité sociale, José Luis Escrivá (PSOE/S&D), a défendu la réforme qui, selon lui, représente « un changement structurel radical pour moderniser le système des retraites » et ne met pas en danger « le tissu productif et la compétitivité des entreprises ».

Le ministre a également souligné que la réforme rendait le système « robuste » et qu’il garantissant la durabilité, la suffisance et des éléments d’équité. Il a aussi déclaré qu’il y « avait beaucoup de démagogie, sans chiffres sur la table », en référence à la position de la CEOE.
De son côté, M. Álvarez s’est dit « satisfait » d’un accord d’une « importance historique », tout en regrettant l’absence de la CEOE.

« Il n’y a pas d’arguments pour justifier l’absence de [la CEOE] lors de la signature », a critiqué M. Álvarez, qui a rappelé le soutien de la Commission européenne à la réforme, qui « équilibre les dépenses et les recettes » et garantit l’avenir des pensions en Espagne.

Le dirigeant de l’association patronale de la CCOO, Unai Sordo, a qualifié l’accord de « révolutionnaire » dans la mesure où il introduit des éléments « structurels » qui « garantissent la viabilité future d’un système de retraite suffisant » en Espagne.

Dans un entretien diffusé par la radio publique Radio Nacional de España (RNE), M. Garamendi a déploré que son organisation n’ait pas été invitée à participer aux discussions avec le gouvernement et les syndicats.

« Nous avons soulevé des questions, mais nous n’avons reçu aucune information (de la part du gouvernement). Il est très difficile de parler de quelque chose sans chiffres et la réalité est qu’à ce jour, nous n’avons pas le rapport économique de la réforme (…). Le ministre (M. Escriva) ne dit pas la vérité », a déclaré M. Garamendi.