UNAF : Réconcilier l’Europe et les familles

A l’heure ou les institutions européennes semblent enfin prendre conscience de l’urgence de faire de l’Europe un environnement plus respectueux de la vie familiale, la Présidence Française doit, pour l’Union nationale des associations familiales (UNAF), obtenir des membres de l’Union qu’ils s’engagent à inscrire durablement la dimension familiale dans les politiques communautaires et nationales.

A l’heure ou les institutions européennes semblent enfin prendre conscience de l’urgence de faire de l’Europe un environnement plus respectueux de la vie familiale, la Présidence Française doit, pour l’Union nationale des associations familiales (UNAF), obtenir des membres de l’Union qu’ils s’engagent à inscrire durablement la dimension familiale dans les politiques communautaires et nationales.

Diagnostic :

Les familles sont restées pendant des décennies absentes du discours européen. Pourtant, comme l’a souligné le Comité économique et social européen (CESE), « les préoccupations les plus profondes et les plus pressantes des Européens concernent la vie familiale ». Ils aspirent majoritairement à vivre en famille, souhaitent avoir davantage d’enfants, et sont favorables à  une meilleure politique familiale (Etude PPAS 2003).
La faiblesse de la fécondité (1,5 enfants par femmes) est pourtant un des indices montrant que l’Union Européenne n’est pas aujourd’hui un environnement assez propice à la vie familiale, alors que la Charte des droits fondamentaux dispose que « la protection de la famille est assurée sur le plan juridique, économique et social ».

Depuis deux ans, alarmées par les conséquences du vieillissement sur l’économie (division par deux du taux de croissance après 2030) et les systèmes de protection sociale (pour une personne âgée inactive, il n’y aurait plus en 2050 que deux personnes en âge de travailler, contre quatre aujourd’hui), les institutions européennes multiplient les initiatives en direction des familles.

  • Le Conseil européen a lancé au printemps 2007 l’Alliance européenne pour les familles, plate-forme d’échange de bonnes pratiques et de recherche.
  • La Commission européenne a publié deux communications sur la conciliation vie familiale et vie professionnelle, devrait en proposer une troisième en 2008 sur l’offre, la qualité et le coût abordable des structures d’accueil pour enfant. Elle étudie en ce moment l’amélioration de la législation européenne sur le congé maternité et l’accord cadre sur le congé parental.

Ces actions sont un début, mais insuffisantes.

  • Elles restent centrées sur la conciliation des temps et sur l’implication des parents dans la structure familiale alors que les politiques de tous les secteurs (éducation, insertion, emploi, logement, transport, santé, environnement…) ont un impact sur la vie des familles.
  • Inversement, elles ne tiennent pas compte de l’impact de la vie familiale sur la réussite des politiques tant éducatives, de santé, que d’emploi ou encore environnementales… Les familles ne sont pas un problème : elles font partie des solutions.
  • Elles doivent encore se traduire en actions concrètes au sein de chaque membre de l’Union, dans le respect du principe de subsidiarité, en tenant compte du fait que seules des actions de portée universelle (et non ciblée) et pérennes, sont susceptibles de donner confiance aux familles.

La Présidence française est l’occasion d’obtenir des membres de l’Union qu’ils s’engagent à inscrire durablement la dimension familiale dans les politiques communautaires et nationales.

Solutions envisagées :

  • Elaborer un plan d’action pluriannuel en faveur de la famille, reprenant les bonnes pratiques identifiées par l’Alliance européenne pour les familles.
  • Rendre systématique l’évaluation de l’impact familial des législations en cours d’adoption et futures.
  • Etablir le principe de la tenue, annuelle ou bisannuelle, d’un Conseil de l’Union européenne des ministres en charge de la famille.
  • Faciliter le recours possible aux fonds du Fond Social Européen, évoqué par la Commission européenne, pour lancer des opérations innovantes. Considérer la création d’un programme spécifique (type EQUAL) centré sur les politiques en faveur de la famille.
  • Lancer l’élaboration et la signature d’un « Pacte pour la famille » (comme le suggérait en mars 2007 le CESE), qui pourrait prendre la forme solennelle d’une recommandation du Conseil, comprenant a minima un engagement de plancher de budgets publics consacrés aux enfants et aux familles, et le maintien du niveau relatif des dépenses consacrées à la jeunesse par rapport aux dépenses de santé et de retraite.
  • Organiser un sommet social tripartite d’automne lors de la Présidence française, centrée sur les questions familiales, avec participation exceptionnelle de la Confédération des organisations familiales de l’Union européenne (COFACE) et des ONG les plus concernées.
  • Faire participer les organisations familiales de toute l’Union à ces actions. Les organisations familiales savent prendre en compte tous les aspects de la vie familiale, au-delà de son articulation avec la vie professionnelle. Elles sont à même d’inciter et d’aider leurs gouvernements à mettre en œuvre leurs engagements.
  • L’UNAF souhaite en particulier que les organisations familiales soient étroitement associées à la révision de la législation européenne sur les congés maternité et parental.