Un rapport critique les conséquences de l’affectation des sols aux biocarburants
Dans une étude commandée par la Commission européenne, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) émet des réserves sur l’impact du changement d’affectation des sols causés par les biocarburants.
Dans une étude commandée par la Commission européenne, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI) émet des réserves sur l’impact du changement d’affectation des sols causés par les biocarburants.
Le changement d’affectation des sols engendrés par la politique de biocarburant n’est pas sans conséquences sur les émissions de gaz à effet de serre.
C’est ce que conclut le très attendu rapport de l’IFPRI rendu à la Commission européenne le 21 octobre. L’étude devrait servir de base à ses futures propositions législatives.
Les objectifs fixés pour 2020 – 10% d’énergies renouvelables dans le secteur du transport – entraîneront des rejets de gaz à effet de serre liés à au changement d’utilisation des terres, souligne le rapport. Il estime que ces émissions annuleraient plus des deux-tiers des économies réalisées grâce à l’utilisation des biocarburants dans les transports.
Des objectifs critiqués
Le texte apporte une pierre supplémentaire aux détracteurs de biocarburants. Il complète une première étude, publiée en mars 2010, selon laquelle au-delà de 5,6 %, le biocarburant dans l’essence pour les transports pourrait endommager l’environnement. Cette analyse soulignait également que l’actuel objectif de l’Union européenne n’était pas réellement durable.
L’Agence européenne de l’environnement s’est également penchée sur cette question et a remis en cause le potentiel du biocarburant dans la réduction de des émissions de gaz à effet de serre.
Début octobre, une centaine de scientifiques et économistes de toutes nationalités ont aussi écrit à Commission européenne afin de demander la prise en compte du changement indirect de l’affectation des terres lors de l’élaboration de la politique européenne sur les biocarburants.
Les ONG du Réseau action climat se félicitent d’une telle reconnaissance. « Cette étude est un pavé dans la mare : il faut réduire la demande et arrêter la fuite en avant », a estimé Sylvain Angerand des Amis de la Terre.
« Le modèle de changement indirect de l’utilisation des terres, utilisé par l’IFPRI, présente un grand nombre de problèmes, et l’importante surestimation de ces émissions en est la conséquence », dénonce cependant Don O’Connor pour l’European Biodiesel Board.
Contactée par EURACTIV.fr, la Commission européenne n’a pas réagi à ce rapport pour le moment.