Un « oui » irlandais retentissant au traité européen de Lisbonne [FR]
Un électeur irlandais sur deux a approuvé le traité réformateur de l’UE, sortant l’Europe de sa crise institutionnelle après des années de revers démocratiques et de blocages. Tous les regards sont désormais braqués sur le président eurosceptique tchèque, Vaclav Klaus, qui doit encore signer le traité.
Un électeur irlandais sur deux a approuvé le traité réformateur de l’UE, sortant l’Europe de sa crise institutionnelle après des années de revers démocratiques et de blocages. Tous les regards sont désormais braqués sur le président eurosceptique tchèque, Vaclav Klaus, qui doit encore signer le traité.
Les résultats finaux montrent que 67,1 % de l’électorat a voté en faveur du traité, tandis que 32,9 % a voté contre. Par rapport au référendum de 2008, cela représente une poussée de 20 % en faveur du « oui ». La participation était de 58 %, en augmentation d’environ 6 %.
Prague et Varsovie : la pression monte
A Bruxelles, les partis politiques de tous bords se tournent maintenant vers le président tchèque Václav Klaus pour qu’il signe le traité de Lisbonne et le fasse entrer en vigueur. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré que tous les Européens soutenaient désormais le traité de Lisbonne, de manière directe ou indirecte.
M. Klaus a déclaré vouloir reporter son approbation jusqu’à la décision relative au recours introduit par 17 sénateurs et portant sur la constitutionnalité du traité (EURACTIV 30/09/09).
Samedi (3 octobre), le président tchèque a refusé d’expliquer la manière dont il procéderait à la ratification après le résultat irlandais. La question ne se pose pas aujourd’hui, a-t-il dit. Aujourd’hui, je m’en tiens à une interdiction jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle se prononce, a-t-il dit aux journalistes.
La ratification finale aura lieu en Pologne, où le président Lech Kaczy?ski a déclaré qu’il était prêt à ratifier le traité si l’Irlande votait « oui ».
Le premier ministre tchèque Jan Fischer a déclaré qu’il croyait que le pays compléterait la ratification avant la fin de l’année, selon une déclaration du gouvernement. Le premier ministre est convaincu que la ratification sera achevée de manière à ce que le traité de Lisbonne puisse entrer en vigueur avant la fin de 2009, selon la déclaration.
De nombreux analystes politiques s’attendent à ce que M. Klaus cède à la pression européenne pour signer le traité avant la fin de l’année, aidant les Vingt-sept à s’affirmer encore plus sur la scène internationale alors que l’équilibre mondial des pouvoirs se modifient à la suite de la crise financière.
Sommet de l’UE le 29 octobre
Un sommet des dirigeants de l’UE est prévu à Bruxelles le 29 octobre, lors duquel M. Klaus devrait être soumis à de fortes pressions pour ratifier.
Nous avons un sommet à la fin octobre, et cela pourrait être le moment rêvé pour ce genre de discussion, a affirmé Fredrick Reinfeldt, premier ministre suédois et actuel titulaire de la présidence de l’Union européenne.
Avec le vote « oui », les chances de voir l’Europe devenir une union mieux organisée et plus écoutée dans les affaires mondiales augmentent sensiblement.
Le traité donnerait à l’UE un président à long terme et un haut représentant pour la politique étrangère.
La crise économique a soutenu le vote « oui »
On s’attendait à ce que davantage d’électeurs soutiennent le traité cette fois-ci, en raison notamment de la crise économique, dont l’UE a aidé à réduire l’impact. La Commission européenne a proposé 14,8 millions d’euros pour aider les travailleurs de l’usine irlandais de Dell le 19 septembre, quelques semaines avant le vote (EURACTIV 21/09/09).
L’humeur au sein du principal centre de décompte des votes était radicalement différente de celle de l’année dernière, lorsque les responsables assistaient incrédules au rejet par les électeurs du traité réformateur, bridant les ambitions de politique étrangère d’une union de 495 millions de personnes.
L’ambiance était calme après une campagne tendue qui a opposé les principaux partis politiques irlandais contre les groupes anti-avortement, les pacifistes et les eurosceptiques britanniques.
L’approbation de l’Irlande représente une aubaine pour l’économie du « Tigre celtique », qui a évité un naufrage à l’islandaise grâce à son adhésion à l’eurozone. Elle compte toujours sur la bonne volonté de Bruxelles et de Francfort pour sa relance future.
De nombreuses personnes en Irlande luttent pour intégrer la problématique du chômage, des hausses de taxes et de la possibilité d’une baisse des allocations de sécurité sociale dans le prochain budget de rigueur.
Les coûts d’emprunt irlandais devraient chuter et ses stocks bancaires augmenter lundi grâce au « oui », si l’on se fie à des prédictions d’avant-vote.
Gary Finnegan (EURACTIV) a suivi de près les derniers évènements en direct sur son blog, où les lecteurs d’EURACTIV peuvent soumettre leurs commentaires et observations.
(EURACTIV avec Reuters. Traduit de l’anglais par EURACTIV)