Un "mini-sommet" pour acter des désaccords

Opposés sur le rôle de la Banque centrale européenne dans la crise et la mise en place d’euro-obligations, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont confirmé qu’ils allaient faire des propositions de révision des traités. Rien de plus.

EURACTIV.fr
2b9bd72f7713f79918c63422e53a9957.jpg
2b9bd72f7713f79918c63422e53a9957.jpg

Opposés sur le rôle de la Banque centrale européenne dans la crise et la mise en place d’euro-obligations, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont confirmé qu’ils allaient faire des propositions de révision des traités. Rien de plus.

Peu de surprises à l’issue de cette énième rencontre qui a rassemblé cette fois les dirigeants français, allemand et italien à Strasbourg, jeudi 24 novembre. 

Comme d’habitude depuis deux ans, les dirigeants européens ont répété qu’ils feraient tout pour soutenir la zone euro. Mais, une fois de plus, rien de concret n’est ressorti de leur rencontre.

Plus de sanctions

D’accord sur la nécessité de réviser les traités pour renforcer le respect strict des règles du pacte de stabilité par les États de la zone euro, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel devraient faire des propositions prochainement. En tout cas, avant le sommet européen du 9 décembre. De leur côté, les présidents de la Commission et du Conseil européen vont également présenter un projet. 

Angela Merkel veut accentuer les sanctions des pays qui ne seraient pas dans les clous du pacte de stabilité pour les obliger à plus d’orthodoxie budgétaire.

Un texte sur les nouvelles sanctions mises en place pour les pays contrevenants a déjà été adopté début octobre, après un an de procédure, par le Parlement européen et le Conseil. Il devrait donc déjà être modifié. Mais la question de l’automaticité des sanctions n’a officiellement pas été tranchée par Berlin et Paris. 

Les dirigeants veulent également créer une union fiscale. « Nous devons nous diriger vers une union fiscale si nous voulons donner une stabilité à zone euro », a déclaré le nouveau président du Conseil italien Mario Monti. 

Statu quo pour la BCE

Voilà pour les ébauches de solution à moyen terme. Mais à court terme, rien de nouveau sous le soleil pour stopper la spirale de la crise de la dette.  

Angela Merkel n’a absolument pas cédé sur la modification du rôle de la Banque centrale européenne, que la France et l’Italie, entre autres, voudraient transformer en prêteur de dernier ressort. 

Historiquement, l’inflation est la bête noire de l’Allemagne. Donner officiellement de nouvelles compétences à la BCE reviendrait à prendre le risque de voir les prix augmenter en Europe. 

« Sur une institution comme la BCE nous n’avons pas la même histoire », a justifié Nicolas Sarkozy. « Chacun essaie de comprendre la situation de l’autre (…). La convergence n’est pas quelque chose de spontanée », a-t-il ajouté. Avant de glisser que l’institution était malgré tout « indépendante ». Un message à l’adresse de la BCE pour qu’elle continue à acheter la dette souveraine de certains États. 

« Pas un bon signal »

Les euro-obligations, sur lesquelles la Commission a seulement lancé une réflexion, mercredi 23 novembre, sont encore rejetées par l’Allemagne. Celles-ci permettraient de mutualiser les dettes des pays de la zone euro. Mais l’impact qu’elles provoqueraient sur les taux d’intérêt (vraisemblablement revus à la hausse pour l’Allemagne) ne serait « pas un bon signal », estime Angela Merkel.

La révision des traités doit être discutée lors du sommet européen de décembre. Mais rien ne dit que les pays de l’UE parviendront à se mettre d’accord sur ce sujet.

Sur son compte twitter Arnaud Leparmentier, journaliste au Monde, a indiqué qu’en cas de refus des autres Européens, Nicolas Sarkozy envisageait un accord intergouvernemental. L’Union fédérale semble bien loin.