Un homme politique allemand qualifie les banquiers suisses d’Indiens

L’ancien ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, compte se présenter contre la chancelière, Angela Merkel, en tant que candidat social-démocrate (SPD) pour les élections fédérales de 2013. Il a dévoilé son jeu en qualifiant les banquiers suisses d’« Indiens », des propos qui donnent le ton de sa campagne électorale.

EURACTIV.com / EURACTIV.de
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L’ancien ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, compte se présenter contre la chancelière, Angela Merkel, en tant que candidat social-démocrate (SPD) pour les élections fédérales de 2013. Il a dévoilé son jeu en qualifiant les banquiers suisses d’« Indiens », des propos qui donnent le ton de sa campagne électorale.

 

Lors d'un récent événement organisé en présence de banquiers suisses, M. Steinbrück a répété son célèbre commentaire, comparant les Suisses à des Indiens qui doivent être menacés par la cavalerie avant de se mettre à courir. Il est toutefois resté sérieux sur les sujets abordés et a répété son opposition à des traités fiscaux assortis d'une retenue à la source sur l'argent « noir ».

 

En 2009, il avait appelé les gouvernements européens à user du fouet contre la Suisse dans leur lutte contre la fraude fiscale.

 

Samedi matin, lors d'une convention du parti dans la ville de Münster en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, M. Steinbrück a fait sa première apparition en tant que candidat du SPD.

 

Lors de son discours, il a de nouveau fait allusion à la politique fiscale en Suisse.

 

« Je ne sais pas vraiment si je vois réellement l'image de la cavalerie », a-t-il déclaré. « Parfois, j'ai l'impression que nous ne devrions pas nous contenter d'en parler, mais plutôt nous y atteler. »

 

M. Steinbrück n'est sans doute pas très populaire en Suisse à cause de ces comparaisons, mais en Allemagne, il a la réputation d'un homme aux propos acérés et provocants qui aime s'attaquer aux banquiers et aux fraudeurs.

 

Les images qu'il a véhiculées en utilisant des mots tels que « cavalerie » et « Indiens » lui confèrent en Allemagne un air d'homme inflexible et de vengeur des populations moins fortunées contre ceux qui envoient leur argent dans les paradis fiscaux.

 

Perçu comme un électron libre, contrairement à Mme Merkel, M. Steinbrück a été sommé de modérer ses propos lors de discussions confidentielles au sein du SPD.

 

Travailler avec Angela Merkel

 

Dans le pays de Goethe, M. Steinbrück est très respecté pour sa gestion de la crise financière lorsqu'il était ministre des finances sous Angela Merkel au cours des 12 mois qui ont suivi la faillite de Lehmann Brothers aux États-Unis en 2008. Ils ont ensuite uni leurs forces pour remettre l'économie allemande sur les rails.

 

M. Steinbrück a également fait les gros titres le jour où il a présenté sa conception du contrôle des marchés financiers pour éviter une nouvelle crise financière.

 

Dans ce rapport, il préconise de séparer les banques d'investissement des fonctions de prêt et d'épargne généralement associées aux banques de détail.

 

M. Steinbrück prévoit également de créer un fonds d'aide financé par les banques pour renflouer les institutions financières en crise et de contrôler certains types de transactions.

 

Selon Kurt Kister, analyste politique pour la Süddeutsche Zeitung, M. Steinbrück était le seul candidat possible au sein du SPD, mais il a très peu de chances de devenir chancelier.

 

M. Kister affirme en outre que l'option stratégique la plus souvent mentionnée ces derniers jours, à savoir une coalition de centre-gauche (SPD, Verts et FDP) est très improbable étant donné le piteux état du FDP. Une grande coalition, rappelant les années 2005-2009, avec Mme Merkel comme chancelière et M. Steinbrück au poste de ministre des finances, lui semble bien plus plausible.

 

D'après un récent sondage réalisé par la chaîne ARD, 58 % des Allemands pensent que M. Steinbrück est un bon candidat, contre 21 % qui affirment le contraire.

 

Mais si ces répondants ne pouvaient choisir qu'un seul candidat, 50 % miseraient sur Mme Merkel et seuls 36 % sur M. Steinbrück.