Un économiste allemand propose des « Geuros » pour la Grèce

La Grèce pourrait adopter une monnaie parallèle, ou « Geuro », qui permettrait au pays de rester au sein de la zone euro, a expliqué un éminent économiste de la Deutsche Bank, Thomas Mayer.

EURACTIV.com
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La Grèce pourrait adopter une monnaie parallèle, ou « Geuro », qui permettrait au pays de rester au sein de la zone euro, a expliqué un éminent économiste de la Deutsche Bank, Thomas Mayer.

L'éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, ou Grexit, est sur toutes les lèvres et les banquiers centraux évoquent aujourd'hui librement cette possibilité.

M. Mayer, économiste en chef à la Deutsche Bank, a présenté une proposition qui apparaît comme la solution à tous les problèmes de la Grèce : le pays devrait introduire une monnaie parallèle à l'euro.

Cette initiative permettrait à la Grèce de disposer d'une monnaie moins chère et donc de respecter ses obligations de paiement. Elle pourrait également demeurer au sein de la zone euro.

Cette nouvelle monnaie consisterait en des obligations émises par le gouvernement grec, qui pourraient ensuite être revendues, a expliqué M. Mayer.

Au début, le Geuro serait massivement dévalué par rapport à l'euro, a-t-il poursuivi. Le gouvernement grec pourrait néanmoins renforcer sa monnaie grâce à une discipline budgétaire renforcée.

« Je pense qu'un flux circulaire parallèle à l'euro est l'option la plus probable », a expliqué M. Mayer lors d'une conférence de presse à Berlin le 21 mai dernier.

Son scénario impliquerait que le Fonds monétaire international et les autres pays de la zone euro continuent à soutenir la Grèce.

« Nous pensons que le service de la dette et le secteur bancaire seront davantage soutenus que les dépenses primaires du gouvernement », a déclaré Mayer, selon le Dow Jones Newswire.

Le gouvernement devrait payer ses fonctionnaires et ses retraités en obligations qui pourraient ensuite être utilisées comme une devise parallèle, l'euro restant la monnaie officielle. La Grèce disposerait alors d'une monnaie faible et d'une monnaie forte.

Cette solution a déjà été utilisée lors de la crise argentine. Les ministres européens des finances pourraient cependant ne pas se montrer très enthousiastes face à la proposition de M. Mayer, dans la mesure où elle pourrait inciter d'autres pays de la zone euro, eux aussi frappés par la crise, à prendre des mesures similaires.

Selon M. Mayer, l'UE, le FMI et la Banque centrale européenne ne mettraient pas un terme à leurs injections de liquidités, même si le gouvernement grec rejetait le protocole d'accord conclu.

Une sortie forcée

L'économiste Michael Hüther, directeur de l'Institut de Cologne pour la recherche économique, est d'un avis différent. Selon lui, si la Grèce se prononçait contre les mesures d'austérité, le pays ne pourrait plus compter sur le soutien de ses bailleurs de fonds internationaux.

M. Hüther a qualifié de sacrosaint le principe de « pas d'argent si les conditions ne sont pas respectées ». Si la Grèce refusait de mener les réformes prévues, il ne serait pas possible de conserver le pays au sein de la zone euro, a expliqué l'économiste lundi à Berlin, selon EURACTIV Allemagne. « L'euro survivra sans la Grèce », a-t-il affirmé.

Il y a quelques jours, des articles dans la presse allemande ont exacerbé le climat de crise en Grèce, en affirmant que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait demandé au président grec, Karolos Papoulias, d'organiser un référendum sur la présence de la Grèce au sein de la zone euro.

Même si le gouvernement allemand a directement démenti ces allégations, elles ont alimenté le sentiment « anti-Merkel » en Grèce où, selon les sondages, la volonté de rester dans la zone euro est plus forte que jamais (80 % de la population).

La Grèce organisera des élections législatives le 17 juin prochain suite aux résultats peu concluants du 6 mai dernier. Selon des diplomates de l'UE, les dirigeants européens devraient discuter de différentes options pour tenter de garder le pays au sein de la zone euro lors de leur sommet informel à Bruxelles aujourd'hui.