Un duo italo-polonais complète le casting des hauts postes de l'UE
Les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont choisi sans surprise le polonais Donald Tusk et l’italienne Federica Mogherini pour occuper les postes de président du Conseil et de haute représentante pour les affaires étrangères.
Les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont choisi sans surprise le polonais Donald Tusk et l’italienne Federica Mogherini pour occuper les postes de président du Conseil et de haute représentante pour les affaires étrangères.
Le suspens sur l’identité du futur président du Conseil européen et haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères n’aura pas duré longtemps.
Dès le début du sommet européen extraordinaire supposé arrêter les choix des chefs d’Etats et de gouvernement pour designer les successeurs de Catherine Ashton et d’Herman Van Rompuy, le président du Conseil en exercice a vendu la mèche.
Herman Van Rompuy a laissé échappé, avant même le début des réunions du Conseil, que le premier ministre polonais en exercice, Donald Tusk, lui succèderait au poste de président du Conseil européen. Et l’Italienne Federica Mogherini, soutenue par les chefs d’Etats socialistes dont François Hollande, prendra la tête de la diplomatie européenne. Leurs mandats commenceront le 1er novembre.
Une décision sans débat
Le choix du président du Conseil européen et du haut représentant de l’UE pour les affaires étrangère a fait l’objet d’une décision rapide et d’un véritable consensus entre les 28 chefs d’Etat et de gouvernement.
A tel point que le débat sur les successeurs d’Herman Van Rompuy et de Catherine Ashton n’a duré « que quelques minutes » a affirmé le Président François Hollande, lors d’un point presse à l’issue du sommet.
Le Président français a précisé que le choix s’était porté sur Donald Tusk pour plusieurs raisons. Le premier ministre polonais est apparu comme « un candidat qui rassemble » et « un choix non-partisan ». Malgré son appartenance à la famille politique de centre droit (PPE), il a donc obtenu le soutien des chefs d’Etats socialistes.
Autre qualité, le Polonais permet aux vingt-huit d’octroyer un des hauts postes de l’UE à un représentant d’un des pays de l’élargissement, une première.
De son côté, la candidature de l’Italienne Federica Mogherini a su s’imposer malgré les critiques sur son manque d’expérience en affaires étrangère et sur une certaine tolérence du gouvernement italien vis-à-vis de la Russie.
La seule femme à occuper une haute fonction au sein des institutions européenne a notamment bénéficié d’une répartition des postes favorable, dans laquelle les socialistes, arrivés second aux élections européenne de mai dernier, avait préempté la tête de la diplomatie de l’UE pour un des leurs.
Processus de validation du Parlement
Si l’ensemble des hauts postes de l’UE sont maintenant attribués, Federica Mogherini devra, à l’instar de l’ensemble des nouveaux commissaires européens, passer un grand oral devant le Parlement européen. Les eurodéputés ont ensuite le pouvoir de rejeter l’ensemble du collège de commissaires.
Du côté français, François Hollande a demandé à ce que la France obtienne un portefeuille économique au sein de la nouvelle Commission européenne.
« Je rappelle que la France a présenté Pierre Moscovici et que j’ai fais valoir, compte tenu de ce que représente la France dans l’Union européenne, qu’une responsabilité économique devrait lui être confiée » a souligne François Hollande, précisant que la décision relevait exclusivement du futur président de la Commission, Jean-Claude Juncker.
Nouvelles sanctions en perspective
Si le consensus sur la question des nominations s’est fait sans difficulté, la situation en Ukraine a quant à elle occupé une grande partie des discussions au cours du sommet extraordinaire.
« Tout laisse penser que non seulement la Russie aide les séparatistes, ce qui n’est pas nouveau, mais il y a une escalade et nous devons apporter une réponse européenne appropriée » a expliqué François Hollande. « La solution c’est d’aller vers les sanction » a-t-il affirmé.
Invité en marge du sommet, le président ukrainien Petro Porochenko a évoqué devant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE l’imminence d’une « guerre totale » si les troupes russes continuaient de progresser pour soutenir les séparatistes de l’Est ukrainien
La Commission européenne avait déjà planché sur des nouvelles sanctions à appliquer en cas d’escalade. A l’issue du sommet, l’exécutif européen a été chargé par les Etats membre de peaufiner ses propositions au cours de la semaine à venir. Un délai très court, dicté par l’aggravation de la situation à l’Est mais aussi par le sommet de l’OTAN qui se tiendra les 4 et 5 septembre.
La croissance au menu d’un prochain sommet
Sur le front de la croissance et de l’emploi, le Président français a également annoncé « trois grandes rencontres à venir ».
« Partout l’inflation a attient un point bas historique partout : il y a bien un problème européen que l’on peut qualifier par une demande insuffisante » a-t-il expliqué. Un sommet sur la croissance et l’emploi devrait se tenir le 6 octobre prochain en Italie, avec les 28 pays. Le sommet de la zone euro, demandé par le France, suivra dans la foulée « afin de faire le constat sur les mesures qui ont déjà été prises ».
Enfin, la nouvelle Commission européenne pourra présenter ses propositions lors d’un Conseil européen fin novembre. « Jean-Claude Juncker pourra à ce moment détailler le plan d’investissement de 300 milliards d’euro qu’il a évoqué devant le Parlement européen » a expliqué le Président Hollande. Ce dernier a appelé le Jean-Claude Juncker à expliciter « le contenu, le calendrier et le financement.