Un axe Londres-Berlin se forme contre le tourisme social

La Grande-Bretagne et l'Allemagne veulent toutes deux un contrôle plus strict de l'accès des migrants européens aux services de santé, selon le député allemand Stephan Mayer, qui était à Londres pour soutenir la campagne contre le tourisme social en Europe.

EURACTIV.com
Stephen Mayer, député allemand
Stephen Mayer, député allemand [<a href="https://www.flickr.com/photos/germanembassylondon/14425247417/in/photolist-divgs6-diviWB-93Qn72-divhuz-divh1d-divgTV-ohX53R-nYHaun" target="_blank" rel="noopener">[Germany Embassy, London/Flickr]</a>]

La Grande-Bretagne et l’Allemagne veulent toutes deux un contrôle plus strict de l’accès des migrants européens aux services de santé, selon le député allemand Stephan Mayer, qui était à Londres pour soutenir la campagne contre le tourisme social en Europe.

Lors d’une conférence sur une réforme anglo-allemande, organisé par le groupe de réflexion Open Europe, l’élu CSU Stephan Mayer a déclaré que les faits montraient bel et bien un « problème croissant d’abus du système social par des migrants européens ».

« Nous sommes favorables à l’immigration vers le marché du travail, mais nous sommes contre l’immigration vers les centres pour l’emploi », a ajouté Stephan Mayer, membre de la commission des Affaires intérieures au Bundestag et porte-parole chargé de la migration pour la CSU bavaroise.

Selon lui, les migrants venant du sud et de l’est de l’Europe ont joué un rôle essentiel dans l’économie allemande. Néanmoins, l’immigration est devenu la priorité de l’agenda politique en Allemagne à partir du moment où le pays a connu une migration nette de plus de 400 000 personnes l’année dernière, a-t-il ajouté. 

Des contrôles plus rigoureux de l’accès aux bénéfices sociaux pour les migrants européens semblent de plus en plus envisageables et pourraient jouer un rôle clé dans la renégociation de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne.

La liberté de circulation menacée

Dans un discours prononcé à Londres la semaine dernière, le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, a déclaré que l’aide publique à la liberté de circulation risquait d’être sapée si elle est perçue comme une menace pour les systèmes de sécurité sociale nationaux. 

David Cameron, le Premier ministre britannique, a promis de renégocier les termes de l’adhésion de son pays à l’UE avant d’organiser un référendum d’ici 2017 s’il remporte les élections législatives de mai. L’immigration sera probablement une thématique clé.

Berlin et la Commission ont assuré qu’ils ne toucheraient pas au principe de liberté de circulation. La ministre des Affaires étrangères de Lettonie, pays qui occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a toutefois suggéré que des changements pourraient être opérés dans le cadre de la politique intérieur des États membres.  

Les Conservateurs, quant à eux, veulent attribuer les prestations liées à l’emploi aux migrants européens après quatre ans de résidence au Royaume-Uni. Ils veulent également mettre fin aux allocations familiales réclamées par des migrants pour des personnes à charge vivant en dehors du Royaume-Uni.

Stephan Mayer a soutenu de telles positions. « Je suis d’accord pour attribuer des allocations familiales selon le pays où vit l’enfant » a-t-il déclaré.

Accord commercial UE-USA

Stephan Meyer et le ministre britannique des Affaires européennes, David Lidington, qui était également présent à l’évènement, ont fermement affirmé leur soutien au partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP).

Selon eux, si les négociations échouent, les États-Unis se tourneront vers l’Asie, laissant l’UE sur le bord de la route.

« L’alternative au TTIP n’est pas le status quo. C’est permettre aux États-Unis et à l’Asie d’établir des standards mondiaux et de nous les imposer », a rappelé David Lidington.