Un agenda pour éradiquer l'extrême pauvreté d'ici 2030

Le panel mandaté par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon propose douze objectifs à atteindre d'ici 2030. La qualité de la gouvernance sera décisive.

EURACTIV.fr

Le panel mandaté par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon propose douze objectifs à atteindre d’ici 2030. La qualité de la gouvernance sera décisive.

Un agenda du développement qui traite l’ensemble des causes de la pauvreté. Telle est la vision du panel d’experts mandaté par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon pour l’après-2015. Elle est présentée dans un rapport, rendu public le 31 mai 2013.

Eradiquer l’extrême pauvreté « de la surface du globe » d’ici 2030 : pour le panel, cet objectif, qui suppose qu’aucun individu ne vive avec moins d’1,25 dollar par jour, pourrait être atteint. Mais en allant « au-delà » des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) définis en 2000.

Lire l’interview de Jean-Michel Severino, membre du panel

Nouvelles ambitions

Le panel propose douze objectifs. Concernant les revenus, la santé, de scolarisation, l’accès à l’eau potable, les OMD sont prolongés. S’y ajouteraient désormais des cibles en matière d’emploi et formation, de protection des ressources, d’énergies renouvelables.

La qualité des institutions ainsi que la sécurité deviennent des priorités à part entière. 

« Il s’agit là d’un changement de paradigme essentiel » a déclaré le ministre du développement Pascal Canfin dans un communiqué. « Le rapport souligne le caractère insoutenable des modèles actuels de croissance, de production et de consommation. »

Méthode affinée

Une autre nouveauté réside dans la méthode et les indicateurs retenus par le panel. A la série d’objectifs globaux devront s’ajouter des déclinaisons spécifiques à l’échelle nationale, défendue notamment par le Comité d’aide au développement de l’OCDE.

En outre, « exiger des cibles qu’elles soient désagrégées en fonction du sexe, de l’handicap, de l’ethnicité, du revenu, ou d’autres catégories constitue un pas majeur vers la prise en charge des personnes les plus pauvres et les plus marginalisées », estime la confédération des ONG humanitaires et de développement Concord, dans un communiqué.

Indicateurs à élaborer

Le panel de l’ONU suggère une panoplie d’indicateurs qui vont déterminer les progrès dans la lutte contre la pauvreté.

Très nombreux, ils recouvrent aussi bien l’amélioration du taux d’accès à la propriété des terres que la couverture sociale, la réduction de gaspillage alimentaire ou encore le traitement des eaux usées.

Afin d’améliorer le fonctionnement des institutions publiques, le rapport préconise également des objectifs en matière d’enregistrement des naissances, d’accès à l’information, à la justice, ou de participation citoyenne.

Cette kyrielle d’indicateurs n’aboutira pas forcément à un état des lieux précis de la situation de ces pays, souvent peu outillés dans le domaine statistique.