Ukraine : si Moscou ne met pas fin à la guerre d’ici 50 jours, Trump s’en prendra aux acheteurs de pétrole russe

Donald Trump a annoncé lundi 14 juillet que Washington pourrait imposer des sanctions aux acheteurs de pétrole russe si Moscou ne mettait pas fin à sa guerre contre l’Ukraine d’ici le 2 septembre.

/ EURACTIV.com
White House US President Donald Trump Chancellor of Germany Friedrich Merz
Le président américain Donald Trump. [Getty Images/Demetrius Freeman_The Washington Post]

S’exprimant dans le Bureau ovale aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, le président américain a adressé à la Russie ses critiques les plus virulentes à ce jour, après des mois de discussions qui n’ont guère abouti.

Donald Trump, qui avait initialement donné deux semaines à la Russie pour s’engager de manière constructive dans la résolution du conflit, semble avoir finalement perdu patience près de trois mois plus tard, abandonnant le ton conciliant au profit de menaces.

« Nous sommes très mécontents, moi le premier, de la Russie », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il était « déçu » par le président Vladimir Poutine. « Nous allons imposer des droits de douane secondaires si nous ne parvenons pas à un accord dans les 50 jours […] C’est très simple, et ils seront de 100 %. »

Ces sanctions pénaliseraient les pays et entités non américains qui continueraient de faire des affaires avec la Russie, déjà soumise à des sanctions primaires.

Cependant, peu après cette annonce, la CNN a cité un responsable de la Maison-Blanche qui a clarifié les propos du président. Les commentaires de Donald Trump sur les « droits de douane secondaires » font référence à des droits de douane de 100 % sur la Russie, auxquels s’ajouteraient des sanctions secondaires contre les autres pays qui achètent du pétrole russe, a-t-il expliqué.

Le Congrès américain s’est déclaré prêt à fournir à la Maison-Blanche de nouveaux outils législatifs pour imposer ces mesures élargies à la Russie.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé jusqu’où il était prêt à aller en cas d’escalade de la guerre à cause du Kremlin, Donald Trump a répondu : « Ne me posez pas de question de ce genre. »

Des responsables de l’UE ont immédiatement réagi à l’annonce, rapporte l’AFP. Pour la cheffe de la diplomatie de l’UE, l’Estonienne Kaja Kallas, bien que cette « position ferme à l’égard de la Russie » soit quelque chose de « très positif », le délai de 50 jours est « trop long », alors que des « civils innocents meurent chaque jour » en Ukraine.

Armer l’Ukraine

Parallèlement à cela, Donald Trump a également indiqué lundi que les Européens achèteraient des armes américaines pour remplacer le matériel envoyé par Washington en Ukraine, une mesure visant à augmenter les livraisons sur le champ de bataille et à stimuler les achats européens d’équipements fabriqués aux États-Unis.

Depuis qu’elle a pris en charge la médiation du cessez-le-feu entre l’Ukraine et la Russie, l’administration Trump cherche des moyens de réduire ses propres dépenses militaires dans le conflit.

« Nous avons conclu aujourd’hui un accord selon lequel nous allons envoyer des armes [à l’Ukraine] et [les Européens] vont les payer », a affirmé le locataire de la Maison-Blanche.

Cela « signifie qu’un pays transférera rapidement des équipements [vers l’Ukraine] et que les États-Unis les remplaceront, car la rapidité est essentielle », a expliqué Mark Rutte. Avec ce système, « l’Ukraine pourra se procurer d’énormes quantités d’équipements militaires — défense aérienne, missiles, munitions, etc. », a-t-il ajouté.

Cette annonce devrait entraîner une augmentation des dépenses de défense dans toute l’Europe, les systèmes américains tels que le Patriot — que Donald Trump a spécifiquement mentionné — étant coûteux. Elle intervient quelques semaines seulement après que les pays européens ont convenu de porter leurs dépenses militaires à 5 % du PIB.

L’Allemagne, la Finlande, le Danemark, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et le Canada « veulent tous participer à cette initiative », a indiqué le secrétaire général de l’OTAN.

Cependant, cette orientation est perçue comme un revers pour certains pays, notamment la France, ainsi que pour la Commission européenne, qui tente de relancer l’industrie de défense du continent, alors que des milliards vont désormais être versés aux fabricants américains.

Mark Rutte estime néanmoins que la promesse d’un réapprovisionnement rapide pourrait encourager davantage de pays européens à transférer des équipements militaires à l’Ukraine. Jusqu’ici, beaucoup hésitaient à livrer du matériel sophistiqué d’origine américaine en raison des délais importants pour en obtenir le remplacement, ce qui risquait de les laisser temporairement sous-équipés.

L’OTAN, sera chargée de la coordination de cette initiative, ont déclaré les deux hommes lundi.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]