Ukraine : les sanctions contre Moscou n’entraîneront pas une fin rapide de la guerre, selon le ministre letton de la Défense

Les sanctions occidentales imposées à la Russie mettent du temps à affecter l’économie de guerre du pays, a indiqué le ministre letton Andris Sprūds lors d’un entretien accordé à Euractiv, alors que l’UE prépare l’adoption d’un 20e paquet de mesures commerciales contre Moscou.

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Lithuanian Minister Of Defense Visits Gdels-sbs Factory In Trubia (oviedo)
Le ministre letton de la Défense, Andris Sprūds. [Getty Images/Imanol Rimada_Europa Press]

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine il y a près de quatre ans, les sanctions successives de l’UE visent à fragiliser l’économie russe. Toutefois, selon Andris Sprūds, elles n’ont pas encore provoqué de dommages suffisamment importants pour contraindre Moscou à renoncer à ses opérations militaires.

« Cela prend plus de temps que je ne le pensais », a expliqué le ministre letton de la Défense à Euractiv. « Les sanctions ne changeront probablement pas immédiatement le comportement du régime autoritaire de Vladimir Poutine, notamment en Ukraine et dans le domaine des activités de guerre hybride », a-t-il ajouté, précisant que les sanctions ont généralement un impact à long terme.

La Commission a présenté un nouveau paquet de sanctions début février, et l’Union européenne prévoit d’approuver cet ensemble de mesures d’ici l’anniversaire de l’invasion à grande échelle de la Russie, le 24 février.

Parmi les mesures proposées figure notamment l’élargissement de la liste noire visant la « flotte fantôme » russe, ainsi qu’un renforcement des restrictions sur les méthaniers et les brise-glaces, dans le but de réduire les exportations de gaz russe et de limiter les importations énergétiques européennes en provenance de Moscou.

La question des infrastructures critiques

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, de nombreux responsables politiques et experts estiment que les attaques contre les infrastructures énergétiques et de communication font partie intégrante de la stratégie de guerre hybride menée par Moscou contre les pays occidentaux.

Les États baltes, dont la Lettonie, se considèrent particulièrement vulnérables. Plusieurs incidents impliquant des pétroliers à la propriété opaque — soupçonnés d’être liés au Kremlin — ont conduit à l’endommagement de câbles sous-marins en mer Baltique, menaçant les réseaux de communication régionaux.

Le soir du Nouvel An, un câble sous-marin reliant la Finlande à l’Estonie a été endommagé, probablement par l’ancre d’un navire. Quelques jours plus tard, un autre câble reliant la Lettonie à la Lituanie a été touché. Une enquête est toujours en cours.

Cibler ces cargaisons est « difficile », a déclaré Andris Sprūds. « Nous ne pouvons pas placer un navire militaire à chaque mètre de câble sous-marin. » Il a fait remarquer qu’il était pratiquement impossible de boucler la mer Baltique, car elle est partagée avec la Russie.

Vers un renforcement de la surveillance

Face à ces menaces, plusieurs pays européens misent sur le renforcement des capacités de surveillance régionales. La Lettonie participe ainsi à une coalition de huit États engagés dans la mise en place d’un système de surveillance du flanc oriental de l’Europe.

Cette initiative fait partie des quatre grands projets de défense identifiés par la Commission européenne pour renforcer la préparation militaire du continent d’ici 2030.

Toutefois, les contours précis de ce programme restent flous. Annoncé en décembre, le projet n’a pour l’instant donné lieu à aucune annonce détaillée sur les mesures concrètes qui seront mises en œuvre.