Ukraine : les dirigeants de l’UE discutent des « futurs engagements de sécurité »

Les dirigeants de l’UE devraient discuter ce jeudi des futurs engagements de sécurité que l’Union pourrait prendre vis-à-vis de l’Ukraine. C’est ce qu’il ressort du dernier projet de conclusions du sommet européen qui se tiendra à Bruxelles fin de cette semaine.

/ Euractiv.com
Special meeting of the European Council in Brussels
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche) et le président du Conseil européen, Charles Michel (à droite). [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Les dirigeants de l’UE devraient discuter jeudi (29 juin) des futurs engagements de sécurité que l’Union pourrait prendre vis-à-vis de l’Ukraine. C’est ce qu’il ressort du dernier projet de conclusions du sommet européen qui se tiendra à Bruxelles fin de cette semaine, consulté par EURACTIV.

« L’Union européenne et les États membres sont prêts à contribuer, avec leurs partenaires, à de futurs engagements en matière de sécurité envers l’Ukraine, qui aideront l’Ukraine à se défendre à long terme, à dissuader les actes d’agression et à résister aux efforts de déstabilisation », peut-on lire dans le dernier projet de conclusions.

« À cet égard, ils examineront rapidement les modalités de cette contribution », précise le texte, sans toutefois entrer dans les détails de ce que cela pourrait impliquer concrètement.

Proposée par la France la semaine dernière, cette formulation faisait écho, selon plusieurs diplomates de l’UE, au discours du président français Emmanuel Macron lors d’une conférence GLOBSEC le mois dernier.

À Bratislava, M. Macron avait appelé les partenaires de l’Ukraine à travailler dans des contextes bilatéraux et multilatéraux pour élaborer des « garanties de sécurité » pour Kiev.

Au cours des dernières semaines, la France, avec le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Allemagne, a travaillé à l’élaboration de ces garanties de sécurité pour ou engagements envers Kiev.

À l’instar des engagements des États-Unis envers Israël, ces garanties pourraient prendre la forme d’une promesse de soutien à long terme, y compris d’une aide militaire, afin d’aider à mieux équiper et former les forces armées de Kiev pour qu’elles soient en mesure de dissuader toute attaque future ou de se défendre.

Le vice-ministre lituanien des Affaires étrangères, Mantas Adomenas, a déclaré lors d’un évènement organisé par Friends of Europe à Vilnius au début du mois que donner des « garanties de sécurité » à l’Ukraine signifiait lui donner un « engagement de soutien à long terme […]. Ce n’est rien d’autre que cela. »

Un rôle flou pour l’UE

Les dirigeants de l’UE devraient maintenant « clarifier » ou « interpréter » ce que pourraient être ces « garanties de sécurité », étant donné qu’un certain nombre d’États membres ont demandé des clarifications, ont déclaré trois diplomates de l’UE à EURACTIV.

Le rôle que pourrait jouer l’UE n’est pas encore clair — tout comme celui des États membres qui la composent, en particulier ceux qui sont neutres, ont-ils expliqué, ajoutant que Paris n’avait pas donné davantage de précisions.

« Personne ne sait exactement quel type d’engagements en matière de sécurité, comment les fournir, comment les financer », s’est plaint un diplomate de l’UE.

« C’est comme ouvrir la boîte de Pandore », a déclaré ce même diplomate, faisant référence au fait que l’Union n’a pas de cadre de politique de défense clair ni d’approche cohérente de la politique de défense.

Un deuxième diplomate européen a déclaré que Emmanuel Macron semble vouloir « mettre en avant le rôle de l’UE ». Un troisième a quant à lui expliqué que « certains États membres veulent s’assurer que cela ne contredit en aucun cas le débat transatlantique, surtout à l’approche du sommet de l’OTAN à Vilnius à la fin du mois ».

L’UE a également aidé l’Ukraine par le biais du fonds hors budget de la Facilité européenne pour la paix (FEP), utilisé pour rembourser les livraisons d’armements létaux et non létaux des États membres à Kiev.

Le bloc s’efforce d’accélérer la livraison d’armes à l’Ukraine en incitant ses États membres à acheter conjointement des équipements, en particulier des munitions et des missiles, et en stimulant l’industrie européenne de la défense pour qu’elle augmente sa production de munitions.

Parallèlement à cela, ces discussions risquent de mettre mal à l’aise les États membres neutres de l’UE.

Le texte précise toutefois que « ces engagements seront pris dans le plein respect de la politique de sécurité et de défense de certains États membres et en tenant compte des intérêts de tous les États membres en matière de sécurité et de défense », afin de permettre à chacun de décider de sa contribution en fonction de ses propres lois et traditions.

L’Autriche, Malte et l’Irlande sont des pays neutres. La Hongrie a déclaré qu’elle resterait neutre dans le contexte de la guerre en Ukraine et a refusé de soutenir militairement l’Ukraine.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]