UE 2020 :l’Allemagne et l’Espagne divisées sur d’éventuelles « sanctions » [FR]

Le ministre de l’Economie allemand Rainer Brüderle s’est opposé aux projets de la présidence espagnole de l’UE de sanctionner les Etats membres qui ne respectent pas les objectifs de croissance de l’Union européenne. Un reportage d’EURACTIV Espagne.

Le ministre de l’Economie allemand Rainer Brüderle s’est opposé aux projets de la présidence espagnole de l’UE de sanctionner les Etats membres qui ne respectent pas les objectifs de croissance de l’Union européenne. Un reportage d’EURACTIV Espagne.

M. Brüderle a dit qu’il soutenait d’une manière générale l’ambition du premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero de coordonner les politiques économiques des 27 Etats membres d’une façon plus efficace, mais a mis en garde contre l’apparition d’encore plus de bureaucratie.

Ses commentaires ont incité la présidence espagnole de l’UE à répondre rapidement. Le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a dit lundi que l’Espagne n’avait en réalité pas proposé que les sanctions fassent partie de son projet de remplacement de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi par une nouvelle stratégie sur 10 ans, surnommée « UE 2020 ». Les projets devraient être débattus au prochain sommet de l’UE, qui aura lieu à Bruxelles le 11 février (EURACTIV 05/01/10). La présidence espagnole souhaiterait que la stratégie soit adoptée au plus tard lors d’une rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement qui aura lieu les 17 et 18 juin (EURACTIV 19/11/09).

Nous en sommes toujours au début des propositions d’évaluation, a dit M. Moratinos, ajoutant que chaque décision ferait l’objet d’un consensus et nécessiterait l’accord de tous les Etats-membres. Il a expliqué que M. Zapatero n’avait pas dit que les mécanismes de sanction devaient être introduits mais plutôt que la manière dont la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi avait été mise en œuvre devait faire l’objet de progrès.

Toutefois, la presse internationale a cité M. Zapatero vendredi (8 janvier), déclarant que l’Union devrait établir des objectifs économiques contraignants pour les Etats membres selon le projet d’ « UE 2020 » (EURACTIV 08/01/10). Ceci aurait difficilement pu être considéré comme une erreur par la presse, étant donné qu’EURACTIV avait déjà donné des informations détaillées sur les propositions de M. Zapatero avant qu’elles ne soient rendues publiques (EURACTIV 07/01/10). 

Le quotidien espagnol El País  écrit que peu de temps s’est écoulé entre l’entrée de vigueur du traité de Lisbonne et le début du premier conflit entre les fédéralistes -qui veulent une Union plus forte- et les eurosceptiques. Du côté des fédéralistes,  El País cite le président tournant de l’UE  M. Zapatero, le président permanent du Conseil Herman Van Rompuy et le dirigeant du groupe libéral au Parlement européen Guy Verhofstadt, qui s’est exprimé en faveur d’un plus grand pouvoir économique au niveau de l’UE, avec des sanctions pour ceux qui ne coopèrent pas.

L’initiative a alarmé l’Allemagne et le Royaume-Uni, ce dernier étant susceptible de devenir d’autant plus réticent avec l’arrivée au pouvoir des conservateurs ce printemps, écrit le quotidien.

El País écrit enfin que M. Verhofstadt a envoyé un courrier au président de la Commission européenne José Manuel Barroso pour se plaindre de ce qu’il appelle l’ « échec » de l’agenda de Lisbonne, conséquence du manque d’instruments pertinents au niveau de l’UE. La lettre coïncide avec la visite du président de l’UE Van Rompuy à Madrid à l’occasion du lancement de la présidence espagnole de l’UE, qui voit Zapatero appeler à des sanctions pour les incorporer dans la structure de la gouvernance économique de l’UE.