Turquie : la Commission laisse planer le doute [FR]
Le rapport de suivi de la Commission sur la Turquie contient de sévères critiques sur le ralentissement des réformes; toutefois, il se garde de recommender la suspension des négociations.
Le rapport de suivi de la Commission sur la Turquie contient de sévères critiques sur le ralentissement des réformes; toutefois, il se garde de recommender la suspension des négociations.
Dans son rapport du 8 novembre 2006, la Commission ne recommandera pas de suspendre les négociations d’adhésion avec la Turquie. Toutefois, elle surveillera les progrès réalisés au cours des six prochains mois et publiera ses recommandations sur ce point avant la réunion du Conseil européen des 14 et 15 décembre 2006.
Selon le rapport de la Commission, la question chypriote demeure le principal obstacle, après l’échec de toutes les tentatives pour trouver une solution. La Turquie continue à refuser d’ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions en provenance de Chypre et ses relations bilatérales avec Chypre ne sont toujours pas normalisées.
Le rapport de la Commission déplore les progrès minces voire inexistants dans certains domaines tels que la liberté de culte, les droits de la femme, les droits des syndicats et des minorités; le rapport constate que les droits des minorités turques du sud-est de la Turquie sont toujours bafoués. La Commission appelle la Turquie à lutter plus fermement contre la corruption et déclare qu’en dépit des efforts de ces dernières années, « la corruption continue toujours de sévir dans le secteur public et dans le domaine judiciaire ». Le rapport critique également « l’influence politique toujours importante » de l’armée.
Le rapport recommande vivement à la Turquie de réformer son code pénal afin de garantir une plus grande liberté d’expression, notamment l’article 301, qui a donné lieu à de nombreux procès contre des écrivains et des journalistes, sous prétexte qu’ils avaient insulté « l’identité turque ». La Commission s’inquiète de l’instauration possible d’un « climat d’auto-censure ».
Les progrès liés aux exigences des critères de Copenhague sont notables, mais le plus gros reste à faire. Il semble que la Turquie est encore loin de respecter l’ensemble des lois et règlementations, soit l’acquis communautaire.