TSMC investit 10 milliards d'euros dans la construction d'une usine en Allemagne

Le fabricant taïwanais de semi-conducteurs TSMC a annoncé mardi (8 août) qu'il investirait 10 milliards d'euros en Allemagne dans la construction d’une nouvelle usine, dont cinq milliards d'euros de subventions.

Euractiv.com
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Les semi-conducteurs étant considérés comme des éléments clefs de la transition numérique et écologique, l'UE les a déclarés prioritaires et a adopté un Chips Act européen afin d’en garantir l’accès et la production. [Vidpen/Shutterstock]

Le fabricant taïwanais de semi-conducteurs TSMC a annoncé mardi (8 août) qu’il investirait 10 milliards d’euros en Allemagne dans la construction d’une nouvelle usine, dont cinq milliards d’euros de subventions.

TSMC, le plus grand fabricant de puces et semi-conducteurs au monde, construira et exploitera une nouvelle usine en joint-venture avec les entreprises européennes Bosch, Infineon et NXP, qui détiendront chacune 10 % de l’usine. 2 000 emplois devraient voir le jour.

« Avec l’investissement de TSMC, un autre acteur mondial de l’industrie des semi-conducteurs s’installe en Allemagne. C’est la preuve que l’Allemagne reste un pays attrayant et compétitif, notamment pour les technologies clés telles que la microélectronique », a déclaré M. Habeck dans un communiqué.

Le gouvernement donnera son feu vert au projet dans le cadre d’une procédure accélérée, afin d’entamer la construction de l’usine dès le second semestre 2024. La production de puces, notamment pour l’industrie automobile allemande, est prévue pour 2027.

L’annonce a également été saluée par la France, le ministre du Commerce Olivier Becht ayant déclaré mardi que « c’est une bonne nouvelle que l’Allemagne soit attractive », mais que cette attractivité était « d’abord européenne ».

« Quand on choisit un pays européen, on choisit avant tout l’Europe », a-t-il répondu à la question d’EURACTIV.

Chips Act européen

Les goulets d’étranglement dans l’approvisionnement en puces électroniques ont particulièrement affecté l’Europe ces dernières années. En 2021, la production mondiale de voitures avait chuté de 26 % en raison d’une pénurie de semi-conducteurs, l’industrie automobile allemande étant particulièrement touchée.

Les semi-conducteurs étant considérés comme des éléments clefs de la transition numérique et écologique, l’UE les a déclarés prioritaires et a adopté un Chips Act européen afin d’en garantir l’accès et la production.

L’objectif est de doubler la production européenne de semi-conducteurs, de 9 % aujourd’hui à 20 % d’ici 2030.

Le règlement européen cherche à assouplir l’octroi d’aides d’État pour soutenir le développement de ces technologies de pointe. Alors que l’Allemagne s’appuie sur ce cadre plus souple pour accueillir TSMC, la Commission européenne doit encore donner son feu vert aux cinq milliards d’euros de subventions.

« Une production nationale robuste de semi-conducteurs est particulièrement importante pour notre compétitivité mondiale, car les semi-conducteurs font fonctionner notre monde et rendent possible la transformation vers la neutralité climatique : sans eux, aucun ordinateur ne fonctionne, aucune voiture ne roule, et ni les éoliennes ni les centrales solaires ne peuvent produire d’énergie », a déclaré M. Habeck.

L’investissement de TSMC contribuera donc « de manière substantielle à garantir l’approvisionnement de l’Allemagne et de l’Europe en puces électroniques », a-t-il ajouté.

Attirer les investissements

L’Allemagne a récemment réussi à attirer un certain nombre des plus grands fabricants de puces du monde. En juin, Intel a annoncé la construction d’une usine à Magdebourg et a annoncé un investissement de 30 milliards d’euros, dont 10 milliards d’euros de subventions.

De même, le fabricant américain de semi-conducteurs Wolfspeed a annoncé un investissement de 2,5 milliards d’euros en Allemagne. L’Allemand Infineon a commencé à construire une usine en mai, avec un investissement de cinq milliards d’euros. Tous ont bénéficié d’aides d’État importantes pour investir en Allemagne.

L’Allemagne souhaite attirer encore plus d’entreprises spécialisées dans les micropuces à l’avenir. « Nous nous efforçons d’améliorer encore les conditions pour ces investissements à grande échelle, d’accélérer les procédures d’octroi de permis et de réduire la bureaucratie. Cela nécessite une détermination à tous les niveaux », a déclaré M. Habeck.

Toutefois, les critiques craignent que l’utilisation extensive des subventions ne sape le marché unique et ne profite qu’aux pays de l’UE disposant d’une plus grande puissance financière. Les défenseurs des aides d’État, quant à eux, affirment que sans elles, l’Europe ne serait pas compétitive au niveau international en raison des prix élevés de l’énergie.

[Traduit et édité par Théo Bourgery-Gonse]