Tsipras fait passer un deuxième train de réformes au parlement grec

Les députés grecs ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi à une très large majorité le deuxième train de réformes réclamé par les créanciers d'Athènes en échange de négociations sur un nouveau plan d'aide, qui devraient s'ouvrir vendredi à Athènes.

EURACTIV France avec Reuters
Alexis Tsipras a appelé ses troupes à « s’adapter aux nouvelles réalités », tout en promettant de se battre pour améliorer l’accord sur le troisième plan d’aide au pays qui doit être finalisé avant la fin de l’été.
Alexis Tsipras a appelé ses troupes à "s'adapter aux nouvelles réalités", tout en promettant de se battre pour améliorer l'accord sur le troisième plan d'aide au pays qui doit être finalisé avant la fin de l'été.

Les députés grecs ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi à une très large majorité le deuxième train de réformes réclamé par les créanciers d’Athènes en échange de négociations sur un nouveau plan d’aide, qui devraient s’ouvrir vendredi à Athènes.

Le parlement grec a adopté à une large ajorité  le deuxième train de mesures réclamées par les créanciers du pays, malgré les divisions au sein du parti du premier ministre Alexis Tsipras. 

Les réformes ont été adoptées par 230 voix sur 300, malgré la fronde de 36 des 149 élus de Syriza. Les « frondeurs » ont été trois de moins qu’il y a une semaine lors du vote du premier train de réformes.

>>Lire : Le vote sur le plan de renflouement de la Grèce menace l’unité de Syriza

Après ce vote positif, les négociations sur le troisième plan d’aide, qui pourrait s’élever à 86 milliards d’euros, vont s’ouvrir entre la Grèce et les « institutions » créancières (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international).

Des représentants des créanciers sont attendus vendredi à Athènes pour rencontrer des membres du gouvernement. L’objectif de la Grèce est de boucler les négociations d’ici au 20 août, date d’une importante échéance de remboursement à la BCE (3,4 milliards d’euros).

Eviter un nouveau contretemps

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, avait dans la journée exhorté les députés de la Vouli à voter les réformes pour éviter un nouveau contretemps. « Il est extrêmement important de boucler cette procédure des actions préalables afin que nous puissions entamer les négociations vendredi », avait-il insisté.

Juste avant le vote intervenu jeudi vers 01h00 GMT, Alexis Tsipras a de son côté tenu à rassurer les élus sur le fait que le durcissement de la législation sur les saisies immobilières ne concernerait pas les résidences principales des propriétaires surendettés.

« Il n’y aura pas de saisie de résidence principale », a assuré le premier ministre grec dans un discours devant le parlement. « Ce gouvernement garantit et continuera de garantir la protection des résidences principales. »

« Pratique antidémocratique »

Le deuxième train de réformes transpose dans la loi grecque des dispositions européennes sur le sauvetage des banques afin de préserver le contribuable du risque d’avoir à renflouer les établissements de crédit en difficulté, et réforme le système judiciaire pour en accélérer le cours et en réduire le coût.

Comme il y a une semaine lors du vote du premier ensemble d’« actions préalables » — dont la hausse de la TVA et une réforme des retraites — exigées par les créanciers aux termes d’un accord conclu à Bruxelles le 13 juillet, la Plate-forme de gauche, l’aile la plus radicale de Syriza, a exprimé son désaccord.

>>Lire : Le Parlement grec valide le plan d’austérité proposé par Tsipras

« Un débat parlementaire et un vote à la va-vite pour un texte qui dépasse les 900 pages, ça a vraiment le goût des pratiques les plus antidémocratiques », ont dénoncé les « frondeurs » dans un communiqué publié sur leur site internet Iskra.gr.

Cette fronde a déjà obligé Alexis Tsipras à remanier ce week-end son gouvernement. Sa coalition, qui regroupe Syriza (149 élus) et le parti de droite nationaliste Anel (13 élus), dispose d’une majorité théorique de 162 sièges sur les 300 que compte la Vouli, mais le premier ministre a vu son soutien tomber la semaine dernière à 123 voix.

>> Lire : L’accord grec suscite la colère de certains députés Syriza

Dans son discours devant le parlement prononcé jeudi peu après minuit, Alexis Tsipras a répété qu’il avait dû faire des choix difficiles et que son gouvernement se concentrerait dans les prochains jours sur les réformes politiques, la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale.

Pour la presse grecque, un congrès de Syriza devrait avoir lieu dans les prochaines semaines et des élections anticipées sont à prévoir dès la rentrée de septembre.

>>Lire : Merkel évoque la possibilité d’un aménagement futur de la dette grecque

« Nous pourrions aller vers des élections, si c’est nécessaire », a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovasili, tout en jugeant que cela ne serait pas judicieux en ce moment, « alors que nous essayons de faire en sorte de revenir à une situation normale »