Trump menace d’anéantir la « civilisation » iranienne à l’approche de l’échéance sur le détroit d’Ormuz
Bruxelles met en garde contre le risque d'une « escalade dangereuse » en cas de nouvelles attaques
Donald Trump a menacé de rayer de la carte la « civilisation » iranienne, alors que l’on craint une escalade au Moyen-Orient à l’approche de l’échéance fixée par le président américain à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz.
« Une civilisation entière va disparaître ce soir, pour ne plus jamais renaître », a écrit mardi le président américain sur sa plateforme de réseaux sociaux, Truth Social. « Je ne veux pas que cela arrive, mais cela arrivera probablement. »
Ces propos ont été tenus quelques heures avant l’expiration, à 20 h heure de l’Est (mercredi 2 h CET), du délai qu’il avait fixé à Téhéran pour rouvrir le détroit, par lequel transitait un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz avant la guerre.
Elles ont également été faites alors que des informations faisaient état de frappes américano-israéliennes sur l’île de Kharg, qui gère 90 % des expéditions de pétrole de Téhéran dans le golfe Persique et que Trump avait déjà menacé d’envahir.
Trump, qui a déjà repoussé à plusieurs reprises les délais fixés à l’Iran pour rouvrir le détroit, a menacé de faire sauter des centrales électriques et des ponts iraniens si Téhéran continuait à fermer de facto cette voie navigable d’importance stratégique. Il a déclaré hier aux journalistes qu’il était « hautement improbable » que le délai fixé à mardi soit prolongé.
La Commission européenne a quant à elle appelé toutes les parties à faire preuve d’une « retenue maximale » dans ce conflit qui dure depuis plusieurs semaines.
« Nous avons toujours dit que la diplomatie était la solution », a rappelé mardi Anitta Hipper, porte-parole de la Commission chargée des affaires étrangères.
« Et de notre côté, nous rejetons toute menace ou attaque visant des infrastructures civiles essentielles. De telles attaques risquent d’affecter des millions de personnes à travers le Moyen-Orient et au-delà, et pourraient également conduire à une nouvelle escalade dangereuse. »
Le Corps des gardiens de la révolution islamique, l’unité d’élite iranienne qui rend directement compte au Guide suprême, a assuré qu’il « priverait les États-Unis et leurs alliés du pétrole et du gaz de la région pendant des années » si Trump mettait sa menace à exécution.
« Nous avons fait preuve d’une grande retenue et avons pris en compte divers facteurs dans le choix des cibles de représailles, mais désormais, toutes ces considérations ont été écartées », a indiqué le groupe.
Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a confié lundi au Figaro que la crise était plus grave que les précédents chocs pétroliers des années 1970.
« Le monde n’a jamais connu une perturbation de l’approvisionnement énergétique d’une telle ampleur », a-t-il déclaré.
(bw)