Triomphe de la droite aux Européennes : Ursula von der Leyen proche d'un second mandat
Forte des bons résultats de son Parti populaire européen (PPE) de centre droit, la présidente sortante de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est prête à entamer la deuxième partie de la bataille pour la reconduction de son mandat.
Forte des bons résultats de son Parti populaire européen (PPE) de centre droit, la présidente sortante de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est prête à entamer la deuxième partie de la bataille pour la reconduction de son mandat.
Lors des élections de dimanche (9 juin), le Parti populaire européen (PPE) de centre droit a remporté la première place avec 185 sièges, laissant les Socialistes et Démocrates (S&D) en deuxième position avec 137 sièges et le groupe libéral Renew Europe en troisième position avec 79 sièges, selon les résultats provisoires mis à jour à 11 h 38 de lundi (10 juin).
Les groupes d’extrême droite détiennent près d’un quart des sièges, contre un cinquième en 2019, avec respectivement 73 sièges pour le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) et 58 pour Identité et Démocratie (ID), selon les mêmes résultats.
Interrogée dimanche soir sur sa capacité à obtenir suffisamment de voix d’eurodéputés pour un second mandat, Ursula von der Leyen a déclaré qu’elle avait l’intention de tendre d’abord la main aux socialistes et aux libéraux afin de « construire sur la base d’une relation constructive et éprouvée » au cours des cinq dernières années.
L’objectif est de continuer à travailler sur la base d’une alliance informelle avec les factions pro-européennes, pro-Ukraine et pro-État de droit, a réitéré Ursula von der Leyen.
« Nous sommes prêts à négocier un accord pour les années à venir », a annoncé Nicolas Schmit, tête de liste du Parti socialiste européen (PSE), en réaction aux appels de Mme von der Leyen.
« J’entends très clairement les messages d’Ursula von der Leyen. Je suis absolument conscient et confiant qu’il existe une volonté de travailler ensemble et de se battre pour trouver les bons compromis, mais aussi les bonnes solutions », a-t-il affirmé.
À la recherche d’un large soutien pour sa réélection et pour faire passer des lois à l’avenir — et d’une plus grande majorité qu’en 2019, lorsqu’elle a été élue avec une marge étroite de neuf voix — Ursula von der Leyen a laissé la porte ouverte aux partis d’extrême droite du groupe CRE qui répondent à ses critères.
Toutefois, dimanche soir, la présidente de la Commission a évité d’y faire référence, semblant ainsi fermer la porte à une politique européenne plus conservatrice, axée sur la lutte contre l’immigration et moins favorable aux politiques écologiques.
Mais Ursula von der Leyen pourrait encore se tourner vers le groupe CRE à l’avenir.
L’eurodéputée belge Assita Kanko, qui s’est exprimée au nom du groupe CRE le soir de l’élection,; a loué la présidente de la Commission et s’est montrée ouverte à soutenir Ursula von der Leyen « si elle a un bon programme ».
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Une majorité confortable se dessine
Tout candidat au poste suprême de l’exécutif européen devrait obtenir une majorité de 361 sièges sur les 720 que compte le Parlement.
La coalition centriste à trois entre le PPE, le S&D et Renew, qui a gouverné l’Europe jusqu’à présent, compte actuellement 403 sièges, selon les dernières projections.
En 2019, Mme von der Leyen a réussi à être élue avec seulement 383 eurodéputés en faveur de sa candidature.
Les Verts, les grands vaincus des élections qui ont perdu 20 sièges, ont fait part de leur volonté de rejoindre une telle coalition.
Bas Eickhout, tête de liste des Verts européens et néerlandais, a déclaré qu’il était « très clair que nous avons besoin d’une majorité stable dans cette Assemblée pour répondre aux besoins des citoyens […], et nous, en tant que Verts, sommes prêts à assumer cette responsabilité ».
Les quatre groupes porteraient la coalition à 455 sièges, ce qui donnerait à Mme von der Leyen une majorité confortable, même en tenant compte des défections potentielles.
En décembre 2023, le Parlement a adopté une résolution appelant à un accord législatif entre les groupes politiques impliqués dans la coalition actuelle afin de garantir une majorité pour élire le prochain président de la Commission, servant de base au prochain programme de travail de l’exécutif de l’UE.
Un tel accord a récemment gagné du terrain, car les socialistes et les libéraux veulent s’assurer que le PPE s’en tienne à un programme convenu sans faire marche arrière sur des dossiers législatifs clés, comme cela s’est produit à la fin de la dernière législature avec la loi sur la restauration de la nature et le règlement sur les pesticides.
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Les adversaires d’Ursula von der Leyen affaiblis
En Europe, plusieurs gouvernements considérés comme des obstacles au centre droit et à Ursula von der Leyen ont vu leur position affaiblie par les résultats.
Le président français Emmanuel Macron, qui se disait favorable à Mario Draghi contre Mme von der Leyen, a convoqué des élections anticipées suite à la victoire du parti d’opposition d’extrême droite, le Rassemblement national (RN, ID).
Le chancelier allemand Olaf Scholz, qui a remis en question la réélection de Mme von der Leyen, a également subi un coup dur puisque son parti a perdu des sièges au profit de la famille politique de la présidente de la Commission, l’Union chrétienne-démocrate (CDU, PPE), et de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite, affaiblissant ainsi sa position avant les élections fédérales de l’année prochaine.
Pendant ce temps, en Hongrie, le parti Fidesz du Premier ministre Viktor Orbán, bien qu’arrivé en tête, réalise le pire résultat de son histoire lors d’une élection européenne.
Deux des principaux alliés d’Ursula von der Leyen sont en revanche sortis renforcés par les sondages.
En Italie, le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia de la Première ministre Giorgia Meloni est arrivé en tête des sondages à la sortie des urnes, consolidant ainsi sa position et renforçant son influence dans les négociations sur les postes à responsabilité de l’UE.
En Pologne, pour la première fois depuis dix ans, la Coalition civique du Premier ministre Donald Tusk a remporté plus de sièges que le parti d’extrême droite Droit et Justice (PiS), ce qui lui donne du poids en tant que l’un des principaux soutiens d’Ursula von der Leyen.
Les dirigeants européens devraient commencer lundi par des discussions informelles sur la répartition des quatre postes les plus importants de l’UE, suivies d’un sommet informel qui aura lieu le lundi suivant (17 juin).
Angelo di Mambro a contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anna Martino]