Transport routier : pas d'objectif clair sur le CO2 pour l'après 2020

La Commission reste confiante sur l'objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules d'ici 2020. La stratégie pour 2050 est plus floue.

EURACTIV.fr

La Commission reste confiante sur l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules d’ici 2020. La stratégie pour 2050 est plus floue.

Le terrain est balisé jusqu’en 2020 pour réduire les émissions de CO2 des automobiles. La Commission européenne maintient son objectif de 95 grammes par kilomètres (g/km) pour les voitures de particuliers. Les résultats récents l’encouragent dans ce sens, puisqu’en 2011, leurs émissions moyennes étaient de 135,7g/km, s’approchant des 130g/km à atteindre en 2015.

Pour globalement réduire les émissions dues au transport routier, qui comptent pour 1/5e des émissions totales, la Commission procède par touches. Elle prévoit déjà de revoir la directive sur les dimensions maximales des poids lourds afin de diminuer leurs émissions de CO2.

Conditions réelles de conduite

En revanche, la Commission n’a pas encore tranché la question des objectifs pour l’après-2020. Elle attend de pouvoir calculer plus précisément les niveaux réels d’émissions de CO2 des différents véhicules.

L’exercice n’est pas aisé car les méthodes de calcul actuelles sont fondées sur des simulations de conduite contestables, qui tendent à sous-estimer les quantités réelles d’émission de gaz. La température extérieure, la vitesse d’accélération et de ralentissement modifient par exemple beaucoup la consommation d’énergie. Les tests modélisent mal les conditions de conduite en milieu urbain, caractérisées par un trafic important.

Par conséquent, un niveau de CO2 sous-estimé risque de tempérer les ambitions de l’UE en termes de réductions de gaz à effet de serre pour l’après 2020.

La Commission européenne développe actuellement une méthode de calcul plus adaptée en collaboration avec les Nations Unies. Elle sera intégrée dès sa mise au point, prévue pour 2014, dans ses propres normes. Ce nouveau modèle a surtout vocation à harmoniser les règles d’homologations au niveau mondial pour faciliter les échanges commerciaux dans le domaine de l’automobile.

Cap sur l’électrique

Car l’UE promeut désormais des voitures « vertes », moins nocives sur l’environnement, dont elle espère augmenter l’offre. Elle compte sur le véhicule électrique pour relever le défi d’une « industrie automobile compétitive et durable en Europe », comme elle l’a indiqué jeudi 6 octobre, lors du lancement de son plan d’action CARS 2020.

Mais un tel choix implique d’abord d’aménager des infrastructures adaptées à ce nouveau type de véhicule. Or les Etats ne sont toujours pas d’accord entre eux sur la norme de borne de recharge à adopter pour toute l’Europe. Constructeurs comme électriciens planchent pourtant sur le sujet depuis 2009.