Transition énergétique : la Bulgarie pourrait devenir un fournisseur majeur de batteries au plomb
La Bulgarie a le potentiel pour devenir un fournisseur majeur de batteries au plomb et saisir les opportunités économiques de la transition écologique, mais les politiques de l’UE donnent la priorité aux batteries lithium-ion — une « faille » selon certains acteurs du secteur.
La Bulgarie, grande productrice de plomb, a le potentiel pour devenir un fournisseur majeur de batteries et saisir les opportunités économiques de la transition écologique, mais les politiques de l’UE donnent la priorité aux batteries lithium-ion — une « faille » selon certains acteurs du secteur.
Le sujet a été au cœur d’une conférence intitulée « Le rôle de la Bulgarie dans la sécurité énergétique de l’UE » organisée au Parlement européen à Bruxelles mardi (19 mars) à l’initiative de l’eurodéputée bulgare Tsvetelina Penkova (Socialistes et Démocrates européens). La conférence a rassemblé des représentants de l’industrie et du secteur énergétique bulgare, ainsi que des représentants des industries européennes et des institutions de l’UE.
La Commission a identifié les solutions de stockage d’énergie telles que les batteries comme étant cruciales pour la transition énergétique de l’UE, le stockage permettant de pallier les défauts de l’intermittence de l’éolien ou du solaire. Les batteries sont également un élément essentiel des véhicules électriques.
Les batteries étant appelées à jouer un rôle essentiel dans la transition énergétique du bloc, leur production représente donc une opportunité économique majeure. Plusieurs États membres de l’UE cherchent ainsi à attirer sur leur territoire des gigafactories de batteries pour véhicules électriques. Les batteries sont également au cœur des efforts de l’UE pour développer une stratégie industrielle respectueuse de l’environnement.
Dans son discours inaugural mardi, Asen Hristov, président du conseil d’administration d’Eurohold Bulgaria, a qualifié de « faille » la négligence du potentiel des batteries au plomb dans les politiques de l’UE.
Différents matériaux peuvent en effet être utilisés pour créer des batteries et le choix du matériau aura un impact sur les caractéristiques de celles-ci (coût, capacité de stockage, durée de vie, etc.). Ces caractéristiques peuvent à leur tour influencer la manière dont les différents types de batteries peuvent être utilisés au mieux.
L’argument de M. Hristov a été repris par Roumen Tsonev, PDG du holding de métaux non ferreux KCM 2000, qui a déclaré que son entreprise produisait 14 % du cuivre, 8 % du plomb et 4 % du zinc de l’UE.
« L’UE n’accorde que peu voire pas d’attention au meilleur moyen d’accumuler de l’énergie, à savoir les batteries plomb-acide. À l’inverse, elle finance des projets de batteries qui ne contiennent pratiquement aucun métal produit dans l’UE, à savoir les batteries lithium-ion », a déclaré M. Tsonev.
Il a affirmé que les batteries plomb-acide étaient « les meilleures, car 100 % du métal qu’elles contiennent est recyclable ».
La durabilité des batteries est une préoccupation majeure de l’Europe. De nouvelles règles de production des batteries ont été adoptées l’été dernier.
M. Tsonev a par ailleurs déploré que les programmes de l’UE en cours dans le secteur de l’énergie en Bulgarie aient été conçus de manière à inclure par défaut des technologies basées sur des batteries lithium-ion.
« Si ces programmes incluaient au moins une phrase disant que les batteries doivent être recyclables, cela mettrait les batteries au plomb sur un pied d’égalité », a-t-il déclaré.
Ivan Mitev, PDG de la Chambre minière et géologique bulgare, a déclaré qu’outre le potentiel de la Bulgarie à devenir un grand producteur de cuivre, de plomb et de zinc dans l’UE, le pays pourrait également produire de huit à dix des matières premières critiques, telles que définies dans la liste des matières premières critiques établie par de l’UE.
Petar Iliev, de l’Université de technologie chimique et de métallurgie de Sofia, a souligné le potentiel de la Bulgarie en termes d’experts formés, mais a reconnu qu’en ce qui concerne les matières premières critiques, le pays manquait de technologies et avait besoin d’un financement européen.
L’énergie nucléaire était un autre thème de la conférence. La Bulgarie possède deux réacteurs soviétiques en état de marche à la centrale nucléaire de Kozloduy et prévoit de construire deux autres réacteurs avec des technologies occidentales.
Yves Desbazeille, directeur général de Nuclear Europe, a affirmé qu’en dépit de la rhétorique des autres lobbies d’énergie, l’atome restait compétitif, y compris en termes de coûts.
Il a également critiqué les politiques de l’UE qui ont conduit à l’importation de 90 % des panneaux solaires de Chine. « Je ne vois pas où est la souveraineté », a-t-il déploré.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]