Traité : Londres durcit sa résistance lors des négociations [FR]
Juste avant la tenue du Sommet européen, la Grande-Bretagne a clairement indiqué sa "marge de tolérance" dans les négociations sur le nouveau Traité, ses résistances se cristallisant sur le projet de "ministre européen des affaires étrangères" soutenu par l'Allemagne, la France et l'Espagne.
Juste avant la tenue du Sommet européen, la Grande-Bretagne a clairement indiqué sa « marge de tolérance » dans les négociations sur le nouveau Traité, ses résistances se cristallisant sur le projet de « ministre européen des affaires étrangères » soutenu par l’Allemagne, la France et l’Espagne.
Alors que la résistance polonaise à l’égard des réformes institutionnelles s’accentue, les critiques du Royaume-Uni ont visé l’élaboration d’une politique étrangère européenne, faisant reculer davantage la perspective d’un accord au Sommet des 21 et 22 juin 2007, qui selon les diplomates pourrait bien se prolonger en raison de la difficulté des négociations.
Lors de la récente rencontre des ministres des affaires étrangères européens, la britannique Margaret Beckett aurait remis en cause la création d’un ministre des affaires étrangères et d’un service diplomatique européens.
Jusqu’à ce jour, la ligne du gouvernement britannique sur les affaires extérieures consistait à insister sur la possibilité de « conserver la capacité de mener sa propre politique indépendante en matière de défense et d’affaires extérieures » et sur le « maintien du siège au Conseil de sécurité des Nations Unies ». On s’attendait à ce que le Royaume-Uni accepte les nouveaux changements institutionnels puisque l’appellation « ministre européen des affaires étrangères » avait été abandonnée. Sa nouvelle ligne vient toutefois balayer les espoirs de ceux qui souhaitaient stimuler une politique étrangère européenne commune.
Le Royaume-Uni énonce également ses limites sur la Charte des droits fondamentaux, qu’il n’acceptera pas si elle doit le contraindre à modifier son actuelle législation sociale et son code du travail. Le pays entend également conserver son droit de veto sur les questions de police et de justice ainsi que dans le domaine des impôts et des allocations.
Tony Blair a clairement indiqué qu’il souhaitait l’élaboration d’un simple traité modifié, et non d’une Constitution européenne, afin d’éviter de tenir un référendum. L’opposition britannique quant à elle accentue la pression sur la tenue d’une consultation publique. Le député européen conservateur, Timothy Kirkhope, a déclaré : « Tony Blair a indiqué ne rien signer cette semaine à Bruxelles qui nécessite la tenue d’un référendum. Dans le passé, on n’a pas pu se fier à lui pour défendre l’intérêt national et il revient au peuple britannique de juger en dernier ressort si l’UE doit acquérir ou non de nouvelles compétences ». Il reste encore à déterminer si le successeur de Tony Blair, Gordon Brown, conservera la même ligne sur la question du référendum.
Toutefois, le Royaume-Uni accepterait l’introduction planifiée d’une présidence permanente du Conseil. Mais au cours d’un entretien récent accordé à la BBC, la ministre Beckett a refuser de confirmer la rumeur lancée par le président français Nicolas Sarkozy indiquant que Tony Blair pourrait être nommé à un tel poste.