Traité de Lisbonne : les Tchèques reportent de nouveau le vote malgré le soutien populaire [FR]
Le vote du parlement tchèque sur le traité de Lisbonne a une fois de plus été reporté pour permettre à une commission parlementaire d’examiner plus en détail le document. Parallèlement, une enquête a montré que près de deux tiers des citoyens tchèques sont en faveur de la ratification du traité.
Le vote du parlement tchèque sur le traité de Lisbonne a une fois de plus été reporté pour permettre à une commission parlementaire d’examiner plus en détail le document. Parallèlement, une enquête a montré que près de deux tiers des citoyens tchèques sont en faveur de la ratification du traité.
L’examen du traité par le Parlement a déjà été reporté une première fois, en décembre 2008 (EURACTIV 10/12/08), avec l’intention de tenir un débat parlementaire suivi d’un vote éventuel le 3 février 2009.
Miloslav Vlcek, président de la chambre des députés du Parlement tchèque, a annoncé que le vote aura désormais lieu le 15 février, gagnant ainsi du temps pour que la commission aux Affaires étrangères puisse examiner certains éléments du document. Toutefois, M. Vlcek a semblé poser des limites lorsqu’il a souligné que le Parlement ne pourra pas sans cesse reporter le vote.
Le parti ODS au pouvoir est profondément divisé sur le traité controversé. La question est devenue un sujet politique brûlant pour le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, qui assume la fonction de président du Conseil, la République tchèque occupant actuellement la présidence de l’UE.
Le conflit au sein du parti a été parfaitement résumé cette semaine par Petr Ne?as, vice-Premier ministre tchèque et ministre du Travail et des affaires sociales, dans un « chat européen », sur le site de la présidence tchèque.
L’ODS n’est pas, selon lui, un parti eurosceptique parce qu’il a toujours été en faveur de l’adhésion de la République tchèque à l’UE. Il considère le traité de Lisbonne comme un compromis qui peut difficilement être atteint. Il peut imaginer en outre que l’UE fonctionne sans le traité. Chaque mois, chaque semaine, chaque jour du fonctionnement existant de l’UE conformément du traité de Nice montre que le traité de Lisbonne n’est pas une nécessité inévitable. En tant que membre du gouvernement, il a voté en faveur du traité de Lisbonne. Il respecte les obligations internationales du gouvernement tchèque et en tant que membre du parlement tchèque, il apportera son soutien au traité de Lisbonne. Mais ne me demandez pas de faire l’éloge de ce document, a-t-il conclu.
Selon une enquête publiée cette semaine par l’agence tchèque STEM, 64 % des Tchèques seraient en faveur de la ratification du traité, malgré le fait que 70 % d’entre eux reconnaissent ne pas comprendre entièrement les modifications qu’il implique.
Les analystes de l’agence STEM ont indiqué que cette contradiction vient du fait que pour une majorité des personnes interrogées, la République tchèque sera mieux connue grâce à sa présidence de l’UE. Les Tchèques craignent en outre que si leur pays n’arrive pas à ratifier le traité, le nouveau prestige du pays en pâtirait.
Parallèlement, la cour constitutionnelle allemande a reçu cette semaine une seconde plainte au sujet de la constitutionalité du traité, qui pourrait reporter de plusieurs mois sa ratification du traité par l’Allemagne.
Enfin, le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, a indiqué mardi (27 janvier) aux parlementaires qu’aucune date n’a encore été fixée cette année pour le second référendum sur le traité de Lisbonne.