Traité de Lisbonne : les dirigeants européens veulent gagner du temps [FR]
Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l’Union se rencontrent à Bruxelles aujourd’hui pour essayer de sauver le traité de Lisbonne rejeté par les électeurs irlandais il y a une semaine. Cependant, aucune décision importante ne devrait être prise à ce stade : les dirigeants devraient en effet accorder à Dublin un temps de réflexion après le «non».
Les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l’Union se rencontrent à Bruxelles aujourd’hui pour essayer de sauver le traité de Lisbonne rejeté par les électeurs irlandais il y a une semaine. Cependant, aucune décision importante ne devrait être prise à ce stade : les dirigeants devraient en effet accorder à Dublin un temps de réflexion après le «non».
Le Premier ministre irlandais Brian Cowen présentera son analyse de la situation aux dirigeants européens au cours d’un dîner ce soir. Cependant, selon les diplomates, les décisions importantes sur l’approche à adopter seront différées afin d’accorder du temps à Dublin pour proposer des solutions concrètes.
Jeudi 19 juin, le président de la Commission José Manuel Barroso a déclaré que l’Irlande disposera de temps pour évaluer les résultats et présenter une solution. Il a ajouté que le prochain sommet de l’UE en octobre permettra de discuter davantage du problème.
En s’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec M.Barroso, M. Cowen partageait le même avis. « Il est nécessaire pour l’Irlande d’avoir du temps à présent pour analyser le vote de la semaine dernière et pour explorer les options », a-t-il déclaré, ajoutant « il est beaucoup trop tôt pour présenter des propositions ». Le Premier ministre irlandais a renchéri en déclarant qu’il discutera séparément avec la chancelière allemande Angela Merkel et avec d’autres dirigeants européens avant le dîner.
Le 17 juin, Kim Darroch, le représentant permanent du Royaume-Uni auprès de l’UE, a déclaré aux journalistes qu’aucune décision majeure sur la question ne devrait être prise lors du sommet. Il a annoncé avec une pointe d’ironie que l’élément le plus important à l’ordre du jour n’était pas le référendum irlandais mais l’adhésion de la Slovénie à la zone euro.
L’échec du référendum irlandais sera débattu au cours du dîner entre les chefs d’Etat et de gouvernement, tandis que les ministres des Affaires étrangères discuteront de la situation dans les Balkans occidentaux.
Cependant, M. Darroch a affirmé qu’il ne s’attendait pas à ce que le gouvernement irlandais présente une solution détaillée à ce stade.
Une clause de rencontre ?
Pierre Sellal, l’ambassadeur de la France auprès de l’UE, prévoit que les conclusions du sommet pourraient bien contenir une « clause de rencontre » en vertu de laquelle les dirigeants européens conviendraient de se réunir à nouveau pour résoudre les problèmes institutionnels posés par le rejet du traité de Lisbonne en Irlande. Il a ajouté que le prochain sommet de l’UE, qui doit se dérouler en octobre dans le cadre de la présidence française, offrirait une possibilité de faire le point sur la situation.
Mais il a maintenu que le processus de ratification se poursuivrait parallèlement, déclarant que personne n’a remis en cause le processus de ratification dans les pays où il n’a pas encore été achevé.
M. Sellal serait surpris si M. Cowen déclarait qu’il faudrait interrompre tout le processus, en indiquant que les dirigeants européens souhaitent désormais que les autorités irlandaises expriment ce qu’elles attendent des autres nations de l’UE pour résoudre la crise.
Selon M. Sellal, les Etats membres de l’UE peuvent rassurer l’Irlande concernant sa souveraineté dans des domaines clés. Il a notamment fait référence à la politique menée en matière de défense et fiscalité. Mais il a ajouté que cela suppose que les autorités irlandaises expriment les options qu’elles privilégient.
Le Parlement britannique a redonné espoir aux partisans du traité en ratifiant le texte par une majorité satisfaisante mercredi 18 juin.
Le sommet devrait se concentrer sur la hausse des prix des aliments et du carburant
Parallèlement, les dirigeants européens concentreront le sommet sur les questions les plus pertinentes pour le quotidien des citoyens, les discussions devant aborder de la hausse des prix des aliments et du carburant (EURACTIV 19/06/08). Selon M. Sellal, l’une des façons de réagir au « non » irlandais est de montrer que l’UE est capable d’agir dans l’intérêt de ses citoyens. Il a ajouté que ce que tout le monde attend d’une autorité publique est qu’elle rapproche les citoyens et les entreprises.
En faisant allusion à la réaction tardive de la Commission européenne face à la colère générale concernant la hausse des prix du carburant, il a ajouté qu’il est très difficile de justifier l’existence de l’institution par l’inaction.