Traité de Lisbonne : le président tchèque conditionne sa signature au oui irlandais
Le président tchèque eurosceptique, Vaclav Klaus, a confirmé qu’il ne signera le traité de Lisbonne qu’une fois que l’Irlande l’aura ratifié. Cette déclaration est intervenue le 24 juillet au sortir d’une réunion avec son homologue polonais, Lech Kaczynski, lui-même également critique vis-à-vis du traité.
Le président tchèque eurosceptique, Vaclav Klaus, a confirmé qu’il ne signera le traité de Lisbonne qu’une fois que l’Irlande l’aura ratifié. Cette déclaration est intervenue le 24 juillet au sortir d’une réunion avec son homologue polonais, Lech Kaczynski, lui-même également critique vis-à-vis du traité.
Alors que des rumeurs prétendent que M. Kaczynski chercherait à convaincre M. Klaus de revenir sur son opposition au nouveau Traité européen, les deux présidents se sont retrouvés dans un château à proximité de Prague. En réalité, il semble que les chefs d’État se soient mis d’accord pour adopter une attitude attentiste en renvoyant le processus de ratification au moment où l’Irlande aura changé sa position.
« Sans un changement du résultat irlandais, il est vain d’en parler », a dit Klaus, cité par l’agence de presse ?TK.
Son invité polonais s’est montré moins intransigeant : « Moi, j’ai confirmé ma position que ce traité n’existe pas sans l’Irlande mais que la Pologne ne veut pas être un obstacle ».
Mais ce semblant d’ouverture pourrait bien n’être qu’une mascarade. Kazcinski a récemment qualifié le Traité européen d’inutile (EURACTIV 01/07/08), malgré son assurance renouvelée auprès du président français, Nicolas Sarkozy, de ne pas entraver le processus de ratification. La Pologne justifie sa position en affirmant que sa constitution prévoit que le président ne doit signer que s’il est parfaitement avéré que le Traité de Lisbonne entrera en vigueur (autrement dit, une fois que les 26 autres membres de l’UE l’auront ratifié) (EURACTIV 25/06/08).
La France, qui assure l’actuelle présidence tournante de l’UE, ainsi que d’autres pays européens, souhaitent que les 26 États membres ratifient le Traité aussi vite que possible afin de faire pression sur l’Irlande pour organiser un nouveau référendum.
Reste à voir si cette stratégie est toujours viable après cette réunion entre les présidents tchèque et polonais. Ironie du sort, dans le cas où la Présidence française ne parvenait pas à résoudre ce problème, ce serait alors au tour de la présidence tchèque de le gérer.