Tragédie ferroviaire en Grèce : les élections nationales pourraient être reportées

La tragédie ferroviaire qui a coûté la vie à au moins 57 personnes mardi dernier a bouleversé les plans du gouvernement grec pour les élections d’avril, et les médias suggèrent à présent que les autorités conservatrices envisagent le 14 ou le 21 mai comme dates alternatives.

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Greek Minister of Infrastructure & Transport Karamanlis resigns following train accident
Le débat politique s’est intensifié à Athènes à la suite de la tragédie ferroviaire qui a secoué le pays et mis le gouvernement sous pression. Selon les médias, le cercle restreint de l’actuel Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis (Nouvelle Démocratie, ND) souhaite que des élections nationales soient tenues le 21 mai. [EPA-EFE/DIMITRIS PAPAMITSOS / GREECE PRIME MISNISTER]

La tragédie ferroviaire qui a coûté la vie à au moins 57 personnes mardi dernier (28 février) a bouleversé les plans du gouvernement grec pour les élections d’avril, et les médias suggèrent à présent que les autorités conservatrices envisagent le 14 ou le 21 mai comme dates alternatives.

Le débat politique s’est intensifié à Athènes à la suite de la tragédie ferroviaire qui a secoué le pays et mis le gouvernement sous pression. Selon les médias, le cercle restreint de l’actuel Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis (Nouvelle Démocratie, ND) souhaite que des élections nationales soient tenues le 21 mai. Si un second tour est nécessaire, ce qui est probable compte tenu de l’application de la nouvelle loi électorale, il devrait avoir lieu le 2 juillet.

Cela implique que les élections auront lieu en pleine saison touristique, ce qui pourrait avoir des répercussions importantes sur l’économie.

D’un autre côté, certains pensent que cette nouvelle date peut être avantageuse pour le gouvernement, étant donné que beaucoup de jeunes travailleront ou seront en vacances pendant la saison estivale, et auront donc moins de chances d’aller voter.

D’après les sondages, en effet, les jeunes ont tourné le dos au gouvernement conservateur qui dirige actuellement le pays.

Avant la tragédie ferroviaire, le parti au pouvoir, Nouvelle démocratie (Parti populaire européen, PPE), était en tête de tous les sondages. Toutefois, la colère des citoyens ne cesse de monter depuis le terrible accident de train de mardi passé, et le paysage politique s’est retrouvé bouleversé en l’espace de quelques jours seulement.

De plus, à Athènes, les analystes estiment que la nouvelle loi électorale qui s’appliquera lors des prochaines élections rendra inévitable la formation d’un gouvernement de coalition, car les partis auront du mal à obtenir la majorité absolue et à former un gouvernement à parti unique.

Le premier tour sera organisé sur la base d’un mode de scrutin proportionnel, et un second tour aura lieu un mois plus tard. Au second tour, un parti ou une coalition de partis devra obtenir environ 38 % des voix pour pouvoir former un gouvernement.

Vague de protestations dans le pays

Pendant ce temps, les manifestations antigouvernementales se multiplient dans tout le pays et, ce mercredi (8 mars), le secteur public se mettra en grève tandis que la Fédération maritime grecque (PNO) fermera tous les ports.

Enfin, l’opposition a vivement critiqué la décision du gouvernement d’autoriser l’ancien ministre des Transports Kostas Karamanlis (Nouvelle Démocratie) à se présenter aux élections.

M. Karamanlis est le seul responsable politique à avoir démissionné après la tragédie ferroviaire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]