Toujours pas de gouvernement en Finlande

Depuis les élections legislatives d’avril dernier le premier ministre, Jyrki Katainen, ne parvient pas à former un gouvernement. La percée du parti populiste perturbe le jeu politique habituel.

EURACTIV.fr

Depuis les élections legislatives d’avril dernier le premier ministre, Jyrki Katainen, ne parvient pas à former un gouvernement. La percée du parti populiste perturbe le jeu politique habituel.

La montée en puissance des partis populistes et nationalistes devient d’un obstacle récurrent à la formation de gouvernement. La situation en Finlande rappelle celle de la Belgique, où plus d’un an après le scrutin législatif constituer un gouvernement demeure mission impossible.

Le premier ministre conservateur finlandais, Jyrki Katainen , peine depuis maintenant 52 jours à former un gouvernement national. La date limite initialement fixée, vendredi 10 juin, est dépassée.

Lors des dernières élections d’avril 2011, le parti populiste des Nouveaux Finlandais a fait une percée historique à plus de 19% et est devenu la troisième force politique du pays.

Le parti n’entend pas céder sur son lot de propositions, comme par exemple la participation restreinte aux politiques européennes, en particulier en ce qui concerne les plans d’aide accordés aux pays européens en difficulté tel que la Grèce. Des positions que ne partagent ni la majorité conservatrice, ni l’opposition socialiste.

Urgence

Il leur faudra pourtant bien s’entendre. La présidente finlandaise, Tarja Halonen, a manifesté son agacement mercredi 8 juin. « Nous savons que certaines visites officielles ont été repoussées parce que (les responsables étrangers) préfèrent rencontrer le nouveau gouvernement », a-t-elle lancé lors d’un voyage à Bruxelles. 

Le score obtenu par les Nouveaux Finlandais pouvait les faire prétendre à des portefeuilles ministériels, mais ces derniers refusent de prendre part au gouvernement tant que des négociations sur la participation du pays aux plans d’aide européens ne seront pas à l’ordre du jour. De leur côté, les socialistes se sont désolidarisés des négociations gouvernementales après l’adoption de réformes d’austérité par la majorité conservatrice.

Dernière chance

La date limite étant dépassée, le premier ministre aurait du laisser la place à un autre membre de son parti. Pourtant, aucun nom n’a encore été évoqué. Et Jyrki Katainen   a annoncé, vendredi 10 juin, dans le courrant de l’après-midi, que les négociations reprendraient lundi 13 juin. Le premier ministre se donne jusqu’au 17 juin pour former un gouvernement de coalition nationale.

En théorie, si l’impasse devait se prolonger, le Parlement pourrait décider l’organisation de nouvelles élections législatives.