Topolánek plaide en faveur de l’élargissement
Le Premier ministre tchèque et actuel tenant de la présidence tournante de l’UE, a averti, le 13 mars, que l’arrêt de l’élargissement et l’introduction de nouvelles barrières en Europe ne mènerait à rien de bon.
Le Premier ministre tchèque et actuel tenant de la présidence tournante de l’UE, a averti, le 13 mars, que l’arrêt de l’élargissement et l’introduction de nouvelles barrières en Europe ne mènerait à rien de bon.
A court terme, les États membres ne vont probablement ouvrir les portes de l’UE qu’à la Croatie, bridant ainsi les aspirations de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et de l’Albanie. Le premier ministre tchèque Mirek Topolánek, de retour d’une tournée dans la région, a, cependant, fortement soutenu une approche plus généreuse à l’égard des pays des Balkans occidentaux.
«Les citoyens des pays qui tentent d’éviter tout autre élargissement de l’UE s’opposent à la logique fondamentale de la Communauté européenne», a déclaré M. Topolánek. «La mission de civilisation et l’élargissement de l’espace de sécurité, de prospérité et de justice doivent être perpétués, dans la mesure où ces valeurs sont celles sur lesquelles l’UE a été fondée, et l’introduction d’un nouveau rideau de fer, de nouvelles barrières ou de nouveaux murs ne conduirait à rien de bon», a-t-il poursuivi.
Citant Winston Churchill, il a expliqué que si l’UE n’intégrait pas progressivement les Balkans occidentaux et continuait à exiger la satisfaction des critères de Copenhague pour l’adhésion, elle créerait un nouveau problème en Europe centrale.
M. Topolánek a insisté sur le fait que l’approche de son pays était en fait représentative de l’opinion majoritaire au sein de l’UE.
«Toute réserve est une insulte à mon égard»
M. Topolánek dit percevoir les réserves de certains citoyens européens sur les élargissements ultérieurs comme une «insulte» à son égard dans la mesure où la République tchèque n’a rejoint l’UE qu’en 2004. Il a indiqué que «de nombreuses personnes, à l’extérieur des frontières européennes, souffraient sous le joug des régimes communistes totalitaires, mais qu’elles croyaient aux mêmes valeurs que les Européens. Qu’est-ce qui nous donne le droit de ne pas leur accorder ne serait-ce qu’une chance ?», a-t-il demandé.
L’idée selon laquelle seule une minorité de pays européens serait opposée à l’accélération des adhésions a été confirmée à EURACTIV.com par un diplomate d’un grand pays d’Europe de l’Ouest.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont été invités à donner leur feu vert sur l’avis publié par la Commission sur la candidature formelle déposée par le Monténégro en décembre 2008.
«Qu’une question bilatérale entrave le processus d’adhésion, comme c’est le cas entre la Croatie et la Slovénie, c’est une chose; mais s’opposer seulement par sensibilité politique en est une autre», a indiqué le diplomate. Il a ajouté que rendre un avis défavorable sur Podgorica serait un signal négatif.
Si aucune décision n’est prise lors du Conseil affaires générales (CAGRE) des 16 et 17 mars, la question sera reportée au prochain Conseil CAGRE, qui se tiendra les 27 et 28 avril à Luxembourg.