Top jobs : le soutien de Giorgia Meloni de plus en plus incertain
À la veille d’un sommet du Conseil européen au cours duquel les dirigeants de l’UE sont censés sceller l’accord sur les top jobs de l’UE, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a sévèrement critiqué l’accord provisoire conclu par la majorité et a exprimé son intention de s’y opposer.
À la veille d’un sommet du Conseil européen au cours duquel les dirigeants de l’UE sont censés sceller l’accord sur les top jobs de l’UE, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a sévèrement critiqué l’accord provisoire conclu par la majorité et a exprimé son intention de s’y opposer.
Les dirigeants se réuniront à Bruxelles jeudi et vendredi (27 et 28 juin) pour conclure l’accord, après les élections européennes de début juin qui ont marqué le début d’un nouveau mandat de cinq ans pour les institutions de l’UE.
Des sources proches des négociations ont confirmé mardi (25 juin) qu’un accord provisoire avait été conclu par les négociateurs des trois groupes politiques de la coalition informelle majoritaire.
Giorgia Meloni n’a pas été incluse dans les négociations — qui comprennent les « trois grands » groupes, le Parti populaire européen (PPE), les Socialistes et Démocrates (S&D) et Renew Europe — bien que son groupe d’extrême droite, les Conservateur et Réformistes européens (CRE), ait dépassé les libéraux de Renew et soit désormais le troisième plus important au Parlement européen.
S’adressant au Parlement italien mercredi, la Première ministre a affirmé que la logique du consensus avait été dépassée par une « logique de couloir » où quelques personnes choisies prennent des décisions pour tout le monde et elle a averti qu’imposer les choix d’une majorité « fragile » était une erreur.
« Je ne suis pas surprise que cette approche ait émergé avant, pendant et après la campagne électorale », a-t-elle déclaré dans son discours à la Chambre des députés.
« Aucun vrai démocrate qui croit en la souveraineté populaire ne peut accepter qu’en Europe, des discussions sur des postes de premier plan aient été entamées avant même les élections. »
Elle a également critiqué certains groupes, tels que S&D et Renew, pour leur intention d’opposer leur veto à d’éventuels accords avec son groupe, soulignant que « les institutions de l’UE ont été conçues dans une logique de neutralité ».
« La logique du consensus est éclipsée par des décisions prises en coulisses, où quelques-uns décident pour tout le monde, ce que, au nom du gouvernement italien, j’ai contesté et n’ai pas l’intention de soutenir », a-t-elle ajouté.
Selon la Première ministre italienne, la principale erreur de Bruxelles est « l’imposition de cette logique et d’une majorité fragile qui risque de rencontrer des difficultés au cours de la législature ».
Les partisans de l’accord sont cependant convaincus que leur proposition passera le test du sommet des dirigeants cette semaine et que leur candidate, l’actuelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, obtiendra une majorité de 400 voix au Parlement européen, qui compte 720 sièges, et sera élue.
Giorgia Meloni a en revanche souligné que l’UE ne semble pas comprendre les difficultés à venir. « Nous devons montrer que nous avons appris des erreurs du passé et accorder la plus grande attention aux demandes des citoyens », qui réclament « une Europe plus concrète et moins idéologique », a-t-elle affirmé.
En référence aux récentes élections européennes, où les partis d’extrême droite ont vu leur nombre de sièges augmenter, Giorgia Meloni a prévenu que certains pourraient être tentés de « cacher la poussière sous le tapis », en continuant avec une logique ancienne et décevante « comme s’il ne s’était rien passé ».
À l’approche du Conseil européen, la Première ministre italienne devra choisir entre accepter les propositions des négociateurs et placer l’Italie et son groupe politique dans l’opposition.
Ses déclarations de mercredi suggèrent qu’elle s’éloigne de l’acceptation de l’accord, mais on ignore encore ce qu’elle pourrait exiger en échange de son soutien.
Après l’annonce mardi d’un accord majoritaire sur les top jobs, les sources gouvernementales italiennes ont laissé entendre qu’elles pourraient ne pas soutenir la candidature de la présidente sortante de la Commission, Ursula von der Leyen, pour un second mandat.
« Ils ont décidé de procéder sans nous. À ce stade, rien n’est certain, pas même le soutien parlementaire du groupe des CRE à un second mandat pour [Ursula] von der Leyen. »
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[Édité par Anna Martino]