TikTok suspend « volontairement » son système de récompenses face aux inquiétudes de la Commission

TikTok a annoncé mercredi (24 avril) avoir suspendu « volontairement » certaines fonctionnalités de TikTok Lite, quelques jours seulement après que la Commission européenne a annoncé une deuxième série de procédures formelles à l’encontre de son système de récompenses.

Euractiv.com
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« TikTok cherche toujours à collaborer de manière constructive avec la Commission européenne et d’autres régulateurs », et suspend donc les fonctionnalités de récompenses, le temps de répondre aux préoccupations de la Commission, a indiqué mercredi le compte TikTok Policy Europe sur X. [[L-51/Shutterstock]]

TikTok a annoncé mercredi (24 avril) avoir suspendu « volontairement » certaines fonctionnalités de TikTok Lite, quelques jours seulement après que la Commission européenne a annoncé une deuxième série de procédures formelles à l’encontre de son système qui récompense le temps passé sur l’application et les interactions sur celle-ci au risque d’augmenter l’addiction.

TikTok Lite est une nouvelle application conçue pour les régions où le débit Internet est plus lent lancée le mois dernier en Espagne et en France.

La Commission a récemment exprimé des préoccupations concernant le programme de récompenses  de TikTok Lite, qui permet aux utilisateurs de gagner des points en visionnant et en likant des vidéos sur l’application. Ces points virtuels peuvent ensuite être échangés contre des bons d’achat Amazon et des cartes-cadeaux PayPal ou être transformés en une monnaie utilisée sur l’application appelée « pièces TikTok ».

L’exécutif européen s’est inquiété des risques d’addiction liés au système, en particulier pour les enfants, en raison de l’absence potentielle de mécanismes efficaces de vérification de l’âge.

« TikTok cherche toujours à collaborer de manière constructive avec la Commission européenne et d’autres régulateurs », et suspend donc les fonctionnalités de récompenses, le temps de répondre aux préoccupations de la Commission, a indiqué mercredi le compte TikTok Policy Europe sur X.

Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, avait déclaré sur X lundi que l’exécutif était « prêt à déclencher » les mesures provisoires prévues par le règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), y compris la suspension du programme de récompenses.

En réponse à l’annonce de TikTok, le commissaire a déclaré qu’il « prenait note » de la décision prise par l’entreprise.

Cependant, il a ajouté que « les procédures engagées contre TikTok concernant le risque d’addiction à la plateforme se poursuivent », ce qui inclut « l’enquête visant à établir si le lancement de TikTok Lite a été fait en conformité avec le DSA ».

Le DSA, en vertu duquel la Commission a ouvert la procédure, est entré en vigueur le 17 février. Il règlemente le traitement des contenus illégaux et préjudiciables en ligne.

TikTok fait partie de la liste des très grandes plateformes en ligne (very large online plateforms, VLOPs) du DSA, c’est pourquoi l’entreprise chinoise de réseaux sociaux doit se conformer à ses règles.

Selon ces règles, TikTok aurait dû procéder à une évaluation des risques avant de lancer l’application TikTok Lite dans l’UE. C’est pourquoi la procédure engagée mercredi dernier par la Commission à l’encontre du géant chinois comprenait une demande d’informations sur la manière dont la plateforme a évalué les risques liés au lancement de l’application Lite.

TikTok n’a pas respecté le délai de 24 heures fixé mercredi dernier pour présenter cette évaluation des risques, a déclaré un responsable de la Commission lors d’une réunion d’information lundi. Le même jour, l’exécutif de l’UE a accordé à l’application un délai de 24 heures supplémentaires — soit jusqu’au 23 avril — pour présenter son évaluation.

Un porte-parole de TikTok et un porte-parole de la Commission ont confirmé mercredi à Euractiv que l’évaluation des risques avait été envoyée et reçue entre-temps.

Marina Ferrari, secrétaire d’État française chargée du numérique, et l’eurodéputée libérale française Stéphanie Yon-Courtin (Renew), en pointe sur le dossier, se sont félicitées de cette suspension mercredi.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]