Thierry Breton veut un texte européen consacré au nucléaire
Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a annoncé jeudi (11 avril) qu’il souhaitait une nouvelle loi européenne sur les technologies nucléaires, un « Nuclear Technologies Act ». Le patron d’EDF, Luc Rémont a accueilli favorablement la proposition.
Le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton, a annoncé jeudi (11 avril) qu’il souhaitait une nouvelle loi européenne sur les technologies nucléaires, un « Nuclear Technologies Act ». Le patron d’EDF, Luc Rémont a accueilli favorablement la proposition.
Pour atteindre l’objectif de neutralité carbone que s’est fixé l’UE d’ici à 2050, l’électricité devra représenter une part beaucoup plus importante du bouquet énergétique de l’Europe. Les modèles de la Commission européenne estiment que la demande d’électricité devrait augmenter de 57 à 79 % d’ici à 2040.
Jusqu’à présent, l’UE s’est longtemps concentrée sur la stimulation de la production renouvelable, avec une directive spécifique, un plan d’action pour l’énergie éolienne et sur une charte solaire à venir.
L’UE étant historiquement divisée sur le nucléaire, son implication dans le secteur s’est concentrée sur la sécurité, le démantèlement et les déchets, par le biais d’initiatives comme le programme Euratom. Quelques fonds européens sont également consacrés à l’innovation.
Cependant, la crise énergétique de 2022 a déclenché des appels à un soutien accru de l’UE en faveur du nucléaire, notamment venant de la quinzaine d’États membres de l’UE parties prenantes de « l’alliance du nucléaire ».
Ils ont trouvé, en la personne du commissaire Thierry Breton, un allié de poids.
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Grande ambition, mais peu de détails
Le Français a esquissé pour la première fois son concept de « loi sur les technologies nucléaires » mardi (9 avril) devant les eurodéputés des commissions parlementaires de l’énergie et de l’industrie et du commerce international.
Il a réitéré sa proposition jeudi lors d’un événement organisé par Euractiv à Bruxelles, en présence des capitaines d’industrie de la production électrique européenne. Et selon lui, il est désormais nécessaire de faire passer l’énergie nucléaire à un « autre niveau », car elle « a un rôle central à jouer dans l’équation complexe [entre] la sécurité, la durabilité et la compétitivité ».
Un tel texte, selon M. Breton, permettrait de « renforcer le leadership européen en matière de recherche et d’innovation dans les technologies nucléaires les plus sûres au monde », de faire émerger des projets transfrontaliers et d’attirer les compétences pour renforcer une industrie européenne de technologies européennes.
Ce serait, en ce sens, un moyen de poursuivre les premiers efforts en la matière que permet le texte sur l’industrie zéro émission (Net zero industry act, NZIA, en anglais) adopté début février. Le texte impose des règles sur le contenu européen des technologies propres à la décarbonation utilisées en Europe, notamment dans l’industrie atomique.
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Soutien des énergéticiens
Pour l’instant, le commissaire n’a pas été plus précis sur le contenu d’un texte dédié au nucléaire ni même sur son calendrier de présentation.
Quoi qu’il en soit, les Français parlent aux Français : cette initiative est « absolument bienvenue », a déclaré le PDG d’EDF, Luc Rémont, à Euractiv après l’événement, précisant que le nucléaire « est une industrie européenne ».
Le PDG d’EDF a insisté, lors de l’évènement jeudi, pour que l’UE prenne part, d’une façon ou d’une autre, au financement du nucléaire, notamment pour développer les futurs petits réacteurs nucléaires (small modular reactor, SMR, en anglais) et les réacteurs nucléaires avancés (advanced modular reactor, AMR, en anglais), dont la Commission européenne soutient le développement.
Outre les énergéticiens, la pression s’intensifie aussi du côté des Etats membres pronucléaires. Les prêts bon marché de la Banque européenne d’investissement (BEI) sont particulièrement visés.
« Le fait que l’Europe, par le biais de la BEI, prenne position en disant “oui, nous sommes prêts à investir des capitaux d’emprunt à très long terme dans un projet” serait un signal important pour que d’autres financements arrivent », a déclaré Markus Rauramo, PDG de l’énergéticien d’État finlandais Fortum, lors de l’événement Euractiv.
Pour l’instant, la BEI reste prudente. « Jusqu’en 2030, nous nous concentrerons en priorité sur les renouvelables », a déclaré son vice-président, Thomas Östros, lors du sommet sur l’énergie nucléaire qui s’est tenu fin mars à Bruxelles. De son côté, sa nouvelle présidente, Nadia Calviño, n’a pas balayé la possibilité de financer le nucléaire.