Thierry Breton s’adressera aux eurodéputés au sujet des tensions transatlantiques sur le numérique

L’ancien commissaire européen Thierry Breton doit être entendu le 25 février par la commission du Marché intérieur (IMCO) du Parlement européen afin d’évoquer les sanctions américaines en matière de visa dont il fait l’objet, ont indiqué trois sources à Euractiv.

EURACTIV.com
Committee meetings and statements by the federal parties – Greens
Thierry Breton. [Getty Images/Bernd von Jutrczenka_Picture alliance]

Ces sanctions, qui concernent également quatre autres responsables européens, ont été instaurées par Washington en décembre. Elles interdisent aux personnes visées d’entrer sur le territoire américain et contribuent à accentuer les tensions transatlantiques autour de la règlementation numérique.

L’ancien commissaire au Marché intérieur, qui a joué un rôle central dans l’élaboration et la défense des lois numériques de l’UE, est devenu une figure polarisante dans les cercles conservateurs américains, en particulier parmi les partisans du mouvement « Make America Great Again » (MAGA).

Ses affrontements publics avec le milliardaire Elon Musk et sa position ferme sur l’application des règles européennes régissant les plateformes en ligne ont suscité de vives critiques outre-Atlantique.

Le département d’État américain a accusé Thierry Breton, qui a quitté la Commission à la fin du précédent mandat de la Commission, d’avoir tenté de « contraindre » les entreprises américaines de réseaux sociaux à censurer les utilisateurs et à restreindre certains points de vue sous prétexte d’appliquer le cadre numérique de l’UE.

L’ancien commissaire a nié à plusieurs reprises ces allégations, insistant sur le fait que les règles de l’UE sont conçues pour garantir la transparence, la responsabilité et le respect du droit européen, et non pour supprimer la liberté d’expression.

L’exécutif européen devrait soutenir Thierry Breton dans son recours juridique contre les sanctions, comme nous l’avions précédemment rapporté.

Au Parlement européen, la plupart des grands groupes politiques — notamment le Parti populaire européen (PPE, centre-droit), les Socialistes et Démocrates européens (S&D) et les Patriotes pour l’Europe (extrême droite) — ont condamné l’interdiction de visa. Les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), dirigés par les les Fratelli d’Italia et le parti polonais Droit et Justice (PiS), ont refusé de soutenir la position commune.

Eddy Wax et Anupriya Datta ont contribué à la rédaction de cet article.