Thierry Breton martèle son soutien au nucléaire pour l’industrie verte européenne

Auditionné jeudi (1er juin) par les députés français, le commissaire au Marché Intérieur, Thierry Breton, a profité des questions sur le règlement pour une industrie verte en Europe (NZIA) pour réitérer son soutien au nucléaire. Il s’agit, selon lui, d’une filière d’avenir pour la jeunesse et un vecteur de décarbonation pour l’UE.

Euractiv France
EU Parliament plenary session
10522553 Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, s'exprime lors d'une conférence de presse sur la loi sur les données, au Parlement européen à Strasbourg, France, le 14 mars 2023. La session du Parlement européen se déroule du 13 au 16 mars. [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

Auditionné jeudi (1er juin) par les députés français, le commissaire au Marché Intérieur, Thierry Breton, a profité des questions sur le règlement pour une industrie verte en Europe (NZIA) pour réitérer son soutien au nucléaire. Il s’agit, selon lui, d’une filière d’avenir pour la jeunesse et un vecteur de décarbonation pour l’UE.

Dans le cadre du Plan industriel vert européen, la Commission européenne présentait mi-mars sa proposition de règlement sur l’industrie verte européenne (Net-Zero Industry Act — NZIA). Le texte identifie les technologies qui bénéficieront de facilités financières et réglementaires pour leur développement.

Malgré des négociations rudes entre les commissaires européennes jusqu’aux dernières minutes avant la présentation du texte, « le nucléaire y figure et je me suis battu pour cela », a insisté M. Breton, questionné jeudi (1er juin) sur le NZIA par les députés des commissions des Affaires étrangères et économiques. 

Le nucléaire figure donc parmi les technologies identifiées, mais de façon partielle. Seul le nucléaire innovant — 3ème et 4ème génération, dont il n’existe pas aujourd’hui de centrale en production — est couvert, sans pouvoir bénéficier de l’ensemble des facilités dévolues aux autres technologies dites « stratégiques », comme le solaire, l’éolien ou les pompes à chaleur. 

En France, où le consensus est presque total sur la relance de l’atome, le commissaire a profité de son audition pour réitérer son soutien à cette énergie bas carbone. 

« Sans nucléaire, il est impossible d’atteindre l’objectif de décarbonation [de l’UE] à l’horizon 2050 », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il « faut augmenter nos capacités nucléaires [et] continuer à investir » .

Selon lui, cela permettra de « donner aux jeunes l’envie d’aller travailler dans ces filières », après les avoir « découragé, peut-être, par le passé », a-t-il proféré. 

Défense de l’approche du NZIA

Devant les députés, le commissaire a toutefois défendu l’approche retenue par la Commission européenne de ne pas considérer le nucléaire comme « stratégiques ». Pour des questions de sécurité et de sûreté, il ne sera pas possible d’offrir au nucléaire les mêmes facilités que pour les autres technologies, comme d’accélérer l’octroi de permis pour la construction de centrales. « Il faudra toujours disposer du même type de contrat », a expliqué M. Breton. 

Or, d’autres facilités dévolues aux technologies « stratégiques », comme disposer d’un statut spécial de « projet prioritaire » et profiter, à ce titre, de possibilités d’investissements publics-privés et d’échanges intracommunautaires d’informations, pourraient convenir au nucléaire. 

En revanche, le commissaire a reconnu que le qualificatif de technologies « stratégiques » était « malheureux ». Il espère, a-t-il dit, qu’il puisse « changer ».

Le texte de la proposition est maintenant entre les mains des parlementaires européens, au grand dam des défenseurs du nucléaire. 

Dans son rapport sur le texte, le rapporteur général pour le Parlement européen, l’eurodéputé allemand et conservateur (Parti populaire européen — PPE), Christian Ehler, a exclut le nucléaire des technologies propice au développement d’une industrie verte dans l’UE.

Les députés de la commission Énergie du Parlement européen pourront encore amender le texte du rapport jusqu’au 19 juin, avant le vote en commission prévu le 12 novembre prochain.

[Théo Bourgery-Gonse a contribué à la rédaction de cet article]