Système des Spitzenkandidaten : Margrethe Vestager émet des « réserves personnelles »

La vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager, candidate tête de liste — ou Spitzenkandidat — des libéraux lors des élections européennes de 2019, a confié lundi (8 mai) à des journalistes qu’elle était sceptique quant à ce processus.

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Margrethe Vestager a déclaré qu’elle éprouvait des « réserves personnelles » à l’égard de ce processus, dans la mesure où le candidat en question se présenterait simultanément à deux postes en contradiction l’un avec l’autre, celui de membre du Parlement européen d’une part, et celui de président de la Commission d’autre part. [SHUTTERSTOCK/Alexandros Michailidis]

La vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, candidate tête de liste — ou Spitzenkandidat — des libéraux lors des élections européennes de 2019, a confié lundi (8 mai) à des journalistes qu’elle était sceptique quant à ce processus.

Ce mécanisme permet aux partis politiques européens de sélectionner un candidat à la présidence de la Commission européenne avant les élections du Parlement européen. Selon les traités de l’UE, les dirigeants des États membres au sein du Conseil européen peuvent « tenir compte » lors de la nomination du président de la Commission du candidat représentant le parti comptant le plus grand nombre de sièges.

Mme Vestager a déclaré qu’elle éprouvait des « réserves personnelles » à l’égard de ce processus, dans la mesure où le candidat en question se présenterait simultanément à deux postes en contradiction l’un avec l’autre, celui de membre du Parlement européen d’une part, et celui de président de la Commission d’autre part.

« Vous vous présentez explicitement pour [obtenir] un siège au Parlement parce que vous voulez un autre emploi. […] je n’ai entendu personne résoudre ce problème », a-t-elle ajouté.

Lors des dernières élections européennes, les libéraux disposaient d’une équipe de sept Spitzenkandidaten, dont Mme Vestager.

Bien qu’elle ait souligné que son opinion ne représentait pas la position officielle du Parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), elle n’est pas la seule de sa famille politique à avoir remis en question le système des Spitzenkandidaten.

Stéphane Séjourné (Renaissance), président du groupe libéral Renew Europe au Parlement européen et eurodéputé français, a indiqué à EURACTIV qu’il ne pouvait pas dire si les partis libéraux au sein du groupe Renew auraient un candidat tête de liste, mais a affirmé qu’« il devrait y avoir des listes transnationales ».

Un effort de réforme

Il y a un an, le Parlement européen a approuvé plusieurs réformes relatives au système électoral de l’UE, notamment des listes transnationales et un système de Spitzenkandidaten juridiquement contraignant.

Cependant, les États membres ont discrètement enterré le projet de réforme, qui n’a pas été voté par le Conseil des ministres.

Certains États membres ont fait valoir que la proposition du Parlement enfreignait les principes de subsidiarité et de proportionnalité.

La mise en œuvre du système des Spitzenkandidaten était également l’une des demandes formulées dans le rapport final de la Conférence sur l’avenir de l’Europe (CoFoE), dans le cadre de laquelle des citoyens européens sélectionnés de manière aléatoire pouvaient s’exprimer sur l’élaboration des politiques de l’UE.

L’initiative a été suggérée par le président français Emmanuel Macron au début de son premier mandat, en même temps que d’autres initiatives pro-européennes visant à réformer l’UE.

Toutefois, M. Macron lui-même n’a pas milité en faveur de la concrétisation des résultats de la conférence après mai 2022, date à laquelle les citoyens de l’UE ont remis leurs propositions aux présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil de l’UE, après un an de délibérations.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]