Suède : l'ex-commissaire européenne Cecilia Malmström quitte les Libéraux à cause de la complaisance avec l’extrême droite
L’ancienne commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a quitté le Parti libéral suédois mercredi (10 mai), l'accusant de complaisance avec le parti populiste d’extrême droite, les Démocrates de Suède.
L’ancienne commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a quitté le Parti libéral suédois mercredi (10 mai), le parti étant constamment critiqué à Bruxelles et à Stockholm pour sa complaisance avec le parti populiste d’extrême droite, les Démocrates de Suède.
Mme Malmström a été commissaire européenne au Commerce de 2014 à 2019, où elle a notamment mené les négociations sur plusieurs accords commerciaux clés, dont l’accord de partenariat économique UE-Japon et l’accord économique et commercial global (AECG) entre l’UE et le Canada.
Le départ de Mme Malmström, même si l’ancienne commissaire n’a pas donné d’explication précise, est un coup dur pour le Parti libéral, qui voit ses poids lourds démissionner depuis les les élections générales de septembre.
À la suite des élections, les Libéraux, les Modérés de centre droit et les Chrétiens-démocrates sont entrés dans une coalition gouvernementale, soutenue par les eurosceptiques Démocrates de Suède (SD), qui sont de facto le deuxième plus grand parti du pays.
SD offre le soutien nécessaire à la coalition de centre droit en échange de la mise en œuvre de sa politique, notamment en matière d’immigration.
Cependant, depuis que les Libéraux ont finalement rompu les négociations de coopération avec les Sociaux-démocrates de centre gauche et se sont ouverts à la coopération avec le SD d’extrême droite, plusieurs poids lourds ont quitté le parti, Mme Malmström étant la dernière en date.
L’ancien dirigeant du parti, Bengt Westerberg, est l’un d’entre eux. Il a annoncé l’année dernière qu’il ne soutiendrait plus les Libéraux et qu’il voterait plutôt pour le Parti du Centre, un autre parti libéral membre de Renew Europe.
L’ancienne ministre de l’UE Birgitta Ohlsson, très populaire dans les cercles sociaux-libéraux, a également déclaré qu’elle ne votait plus pour les Libéraux.
Cette démission est un coup dur pour le chef du parti, Johan Pehrson, qui se débat avec des sondages d’opinion faibles et les accusations constantes de la gauche. L’opposition lui reproche notamment d’avoir vendu l’âme de son parti aux Démocrates de Suède, dont les points de vue sur de nombreuses questions telles que l’UE, la migration ou l’intégration s’opposent aux valeurs traditionnelles des Libéraux.
« Cecilia Malmström a apporté d’importantes contributions à notre parti au fil des ans. Notamment dans son rôle de ministre libérale, de commissaire et de députée au Parlement européen. Il est bien sûr très triste que Cecilia ait choisi de quitter les Libéraux, mais je respecte sa décision et je suis convaincu que nos chemins se croiseront dans d’autres contextes », a écrit Gulan Avci, le secrétaire du Parti.
La nouvelle de la décision de Mme Malmström a suscité de vives réactions de la part des opposants politiques.
« Cecilia Malmström semble en avoir assez de voir les Libéraux s’agenouiller devant le SD. C’est tout à son honneur. Mais quelles conclusions la direction du Parti libéral tire-t-elle ? », a demandé le social-démocrate Morgan Johansson sur Twitter.
Jusqu’à présent, la stabilité de la coalition au pouvoir n’a pas été officiellement remise en question par les Libéraux. Cependant, EURACTIV comprend que si ces derniers quittaient la coalition en raison d’un changement de direction, la Suède connaîtrait une crise politique majeure.
Cela pourrait déclencher un vote de défiance à l’égard du gouvernement, auquel cas le Premier ministre Ulf Kristersson devrait former une nouvelle coalition avec d’autres partis ou appeler à de nouvelles élections.