Suède : les Libéraux et l’extrême droite s’opposent à la signalisation des écoliers en situation irrégulière

En Suède, un différend a éclaté entre les Libéraux au pouvoir et leur allié d’extrême droite, les Démocrates de Suède, au sujet de l’obligation pour les écoles de signaler les enfants issus de familles sans papiers, mercredi (30 août).

Euractiv.com
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Mercredi, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD) aurait exigé que le porte-parole du parti des Libéraux pour l’éducation, Fredrik Malm, ne soit pas autorisé à assister à une conférence de presse prévue en raison de ce désaccord. [SHUTTERSTOCK/Inside Creative House]

En Suède, un différend a éclaté entre les Libéraux au pouvoir et leur allié d’extrême droite, les Démocrates de Suède, au sujet de l’obligation pour les écoles de signaler les enfants issus de familles sans papiers, mercredi (30 août).

Mercredi, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD) aurait exigé que le porte-parole du parti des Libéraux pour l’éducation, Fredrik Malm, ne soit pas autorisé à assister à une conférence de presse prévue en raison de ce désaccord.

Il y a moins d’un an, les Libéraux ont rejoint les Modérés et les Chrétiens-démocrates dans une coalition soutenue par les eurosceptiques Démocrates de Suède, qui ne détiennent pas de ministère, mais ont obtenu l’application de leur politique d’immigration en échange de leur soutien au gouvernement.

Les Libéraux ont été fortement critiqués en Suède et à l’étranger depuis qu’ils ont rejoint la coalition soutenue par l’extrême droite et ont perdu du terrain dans les sondages. Une telle alliance est considérée par beaucoup comme contraire à leurs valeurs fondamentales et à leurs promesses antérieures, comme le montre le différend actuel avec les Démocrates de Suède.

En l’occurrence, l’obligation controversée de dénoncer les personnes sans permis de séjour a suscité l’émoi en Suède. L’été dernier, le gouvernement et le SD s’étaient mis d’accord sur des lignes directrices pour les enquêtes.

L’obligation de signalement controversée consiste à obliger les municipalités et les autorités à signaler à la police et à l’Office des migrations les personnes résidant illégalement en Suède.

Toutefois, ces derniers jours, un fossé s’est creusé entre les partis de la coalition, les Libéraux et les Démocrates de Suède affichant des points de vue divergents sur la question, notamment en ce qui concerne les écoles, qui font partie de l’administration publique du pays.

Lundi, Fredrik Malm a écrit un article de débat dans l’Expressen dans lequel il a déclaré que le personnel des écoles ne devrait pas être soumis à l’obligation de déclaration, en référence à la Convention relative aux droits de l’enfant.

« La Convention relative aux droits de l’enfant a le même statut que la législation suédoise et établit le droit de tous les enfants à l’éducation. Nous envisageons donc de faire des exceptions pour les employés des écoles et des services de santé, entre autres », a écrit M. Malm lundi.

Ludvig Aspling, porte-parole des Démocrates de Suède en matière de politique migratoire, a répondu à cette lettre.

« Le droit à l’éducation n’est pas visé par le devoir d’information, car ces enfants peuvent aller à l’école dans leur pays d’origine. Dans cette situation, ce qui nuit au droit à l’éducation, ce sont les parents qui ignorent les lois et les décisions administratives », a indiqué M. Aspling à Radio Ekot mardi.

Aujourd’hui, le parti d’extrême droite exige que M. Malm soit remplacé par un autre membre du parti des Libéraux, faute de quoi la conférence de presse risque d’être annulée afin d’éviter un « conflit ouvert » entre les deux signataires des partis de la coalition.