Suède : l’intégration contre les pertes d'emploi [FR]
En pleine montée du chômage et alors que les inquiétudes grandissent quant à la viabilité, dans une période de récession prolongée, des plans temporaires censés garder les gens au travail, la présidence suédoise de l’UE souhaite s’éloigner des solutions traditionnelles en faveur de l’intégration au marché du travail.
En pleine montée du chômage et alors que les inquiétudes grandissent quant à la viabilité, dans une période de récession prolongée, des plans temporaires censés garder les gens au travail, la présidence suédoise de l’UE souhaite s’éloigner des solutions traditionnelles en faveur de l’intégration au marché du travail.
Notre objectif est que l’UE émerge de la crise financière dans une position plus favorable, a déclaré le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, présentant les priorités de la présidence devant le Riksdag, le Parlement suédois, mardi (23 juin).
Selon le premier ministre suédois, l’Europe ne peut pas créer d’emplois via les communications, les règlements et les directives de Bruxelles, mais en mettant au point des politiques proactives de court terme sur le marché du travail afin de maintenir l’employabilité, et de prévenir le chômage de longue durée et la résurgence de pressions protectionnistes.
Ce que l’Europe peut faire sur le long terme, c’est des réformes, des adaptations et de la modernisation, a-t-il ajouté.
L’intégration sociale au cœur du plan de relance suédois
Avec un chômage qui a atteint un taux de 8,6 % en avril, le plus important depuis 10 ans, et alors que les prévisions font état d’un taux de pertes d’emplois à deux chiffres, d’ici à la fin de l’année, la présidence suédoise se prépare à empêcher que la situation actuelle ne s’aggrave et veut trouver une stratégie de sortie.
Des officiels au ministère suédois de l’Emploi parient sur des politiques du marché du travail inclusives puisque, selon eux, elles produisent des gains économiques significatifs sur le court et le long terme.
Des politiques du marché du travail actives aident les chômeurs à trouver du travail et améliorent leurs compétences avec des formations entre deux emplois. Les pays scandinaves dépensent plus dans les politiques actives du marché du travail que tous les autres pays européens – investissant une grande partie de cet argent dans la formation et des sommes importantes dans les incitations à l’emploi et l’intégration des personnes handicapées au travail.
L’idée, c’est de rendre le passage de l’ancien au nouveau travail aussi court, facile et productif que possible.
Les expériences passées montrent que beaucoup de ceux qui sont devenus chômeurs en raison d’une baisse temporaire de demande de travail risque de dériver vers une exclusion permanente du marché du travail avec des conséquences fâcheuses pour les individus et les sociétés, a déclaré Barbro Carlqvist, un conseiller économique de haut rang au ministère suédois de l’Emploi.
Le pays scandinave prêche et pratique la bonne parole
La Suède se classe toujours première, avec le Danemark, du tableau de bord de Lisbonne du Centre for European Reform (CER), qui évalue les progrès des 27 Etats membres de l’UE dans la réalisation des objectifs de la Stratégie de Lisbonne.
La Suède et le Danemark montrent qu’il est possible de combiner des marchés compétitifs avec des hauts niveaux de taxation et des dispositions sociales étendues, montre le tableau de bord.
Un objectif clef de la Stratégie de Lisbonne lors de sa conception était de relever le niveau d’utilisation du travail à travers l’UE de 70 % pour 2010. En 2000, au lancement de cette stratégie, les deux tiers de la différence de niveau de vie entre les Etats-Unis et l’UE s’expliquaient par deux facteurs : moins d’Européens avaient un travail comparé aux Américains, et les Européens avec un emploi ne travaillaient pas aussi dur (semaine de travail plus courte, vacances plus longues).
Même si l’écrasante majorité des Etats membres ont pu se réjouir d’une amélioration de leur taux d’emploi, dans l’ensemble peu d’entre eux peuvent prétendre avoir mis en œuvre des réformes radicales de leurs marchés du travail depuis 2000, note le CER. Une ombre importante de l’état du marché du travail européen continue d’être le taux exceptionnellement haut du chômage chez les jeunes.
Eviter de répéter les erreurs
Ces derniers mois, les dirigeants se sont fortement reposés sur les filets de sécurité sociale pour abriter les Européens du pire de la crise économique, dans l’espoir d’une reprise économique rapide.
Cependant, les programmes de sauvetage d’emplois tels que le travail à court terme, et les congés non rémunérés ou de formation, sont, selon des analystes, sont plutôt malvenus pour les longues périodes de récession. Les sociétés semblent convaincues que si l’économie ne redémarre pas avant l’automne, un nombre encore plus important de licenciements devrait se produire, et l’Europe reviendra aux anciens systèmes de retraite anticipée et aux allocations de handicap pour atténuer la montée du chômage.
Tout çela est à la fois coûteux et contreproductif, a déclaré Mme Carlqvist. Pour éviter de répéter nos erreurs, il faut remplacer les politiques qui facilitent la sortie du marché de l’emploi par des politiques qui facilitent l’accès à l’emploi pour ceux qui peuvent et qui veulent travailler, a-t-elle ajouté, soulignant que l’UE doit agir pour mettre au travail davantage de gens en âge de travailler et pour donner aux Etats membres une position de choix quand l’économie sera relancée.
Politiques de sécurité sociale : un tremplin pour l’entrée sur le marché du travail
La présidence suédoise est convaincue que des politiques d’intégration au marché de l’emploi vont de pair avec des politiques de sécurité sociale actives.
Avec la vieillissement de la population, les Etats membres européens devraient intensifier les réformes efficaces, qui visent à augmenter l’offre de travail et à encourager l’embauche et la conservation des travailleurs âgés ainsi que ceux qui ont une capacité de travail réduite, a fait remarquer l’officiel suédois.
De telles actions contribueront à assurer la durabilité à long terme des finances publiques, à maintenir l’efficacité, l’adéquation et la qualité des systèmes de d’assistance sociale et à améliorer l’intégration sociale, a affirmé Mme Carlqvist, en soulignant que des filets de sécurité adéquats peuvent constituer un tremplin pour entrer encore et encore dans le marché du travail.