Stratégie pour les compétences globales : Andor veut que l'UE pèse
Le commissaire de l'UE à l'emploi László Andor a soutenu hier (21 avril) la création d'une stratégie pour les compétences globales, lors d'une présentation vidéo montrée à l'occasion de la toute première rencontre des ministres de l'emploi du G20 à Washington DC. Il a également appelé les puissances industrielles à maintenir les plans de création d'emploi d'avant la récession.
Le commissaire de l'UE à l'emploi László Andor a soutenu hier (21 avril) la création d'une stratégie pour les compétences globales, lors d'une présentation vidéo montrée à l'occasion de la toute première rencontre des ministres de l'emploi du G20 à Washington DC. Il a également appelé les puissances industrielles à maintenir les plans de création d'emploi d'avant la récession.
M. Andor, qui a été dans l'impossibilité de se rendre aux Etats-Unis en raison des restrictions encore en vigueur dans l'espace aérien européen, a envoyé une présentation vidéo soulignant l'apport de l'UE à la réponse mondiale à la récession économique.
C'était la première fois dans l'histoire que les ministres du travail du G20 se réunissaient. Jusqu'à maintenant, seuls les chefs d'Etat ou les ministres des finances se retrouvaient dans le cadre du G20.
Une telle rencontre répond à l'urgence de trouver une solution commune face à l'impact de la crise économique mondiale sur l'emploi.
Des sources européennes ont affirmé que M. Andor avait pu faire bonne impression lors de la réunion parce que la capacité de l'UE à résister à la crise de l'emploi avait été jusqu'ici bien meilleure que prévu.
Cependant, le manque d'unité européenne constitue un problème récurrent lors des rencontres des chefs d'Etat au sein du G20, et des problèmes similaires pourraient également voir le jour dans ce forum, a déclaré à EURACTIV John Monks, patron de la Confédération européenne des syndicats (CES).
Le fait de savoir si ce domaine relève de la compétence de l'UE ou des Etats membres n'est jamais très clair, a-t-il dit, ajoutant que le succès de M. Andor serait jugé sur sa capacité à persuader les Etats membres de parler d'une seule voix. Ceci s'est révélé extrêmement difficile par le passé (voir "Contexte").
La crise a-t-elle affecté les modèles de création d'emploi de l'UE ?
Le message de M. Andor était le suivant : la Commission européenne pense que nombre de ses stratégies pour l'emploi pourraient servir d'exemples de meilleures pratiques pour les autres puissances industrielles.
Cependant, un certain nombre de stratégies pour l'emploi de l'Union furent élaborées avant l'assaut de la récession, il reste donc à voir dans quelle proportion les modèles phares de Bruxelles comme la stratégie "nouvelles compétences pour de nouveaux emplois" ont été affectés par la crise économique mondiale.
Selon un rapport du Centre d'études de la politique européenne (CEPS), les conséquences de la récession vont peser lourd, mais rien on ne sait pas si ses effets auront un caractère durable, ou si elle aura un impact aigu mais néanmoins de courte durée sur l'activité économique habituelle.
M. Andor a semblé indiquer dans son discours que la réponse à la crise ne demandait pas de stratégies radicalement nouvelles, mais plutôt une accélération des changements qui étaient déjà en cours avant la récession mondiale.
L'innovation et les nouvelles technologies, le réchauffement climatique et les changements démographiques affectaient déjà le type de compétences nécessaires, a-t-il noté, ajoutant que la crise actuelle rendait plus urgent le fait de conserver le même rythme dans ces changements, et de s'occuper des défis structurels déjà existants qui affectent les besoins en emplois et en compétences.
Stratégie pour les compétences globales
Il a appelé tout particulièrement les membres du G20 à soutenir une Stratégie pour les compétences globales, qui est actuellement en cours de développement avec l'Organisation internationale du travail (OIT).
John Monks a salué le fait que l'OIT s'implique dans le débat mondial, affirmant qu'il était absolument normal que l'organisation ait plus d'influence dans ce domaine.
La plateforme européenne des ONG sociales supporte également cette initiative, mais du bout des doigts. Son président, Conny Reuter, a toutefois affirmé à EURACTIV que son soutien était conditionné au lien fait entre l'importance des nouvelles compétences et la réelle qualité des emplois qui sont créés.
La qualité d'un emploi ne dépend pas seulement des seules compétences du travailleur, a-t-il conclu.