Stockholm intensifie ses critiques à l’égard de Berlin dans la querelle sur les prix de l’énergie

Lundi 16 décembre, la ministre suédoise de l’Énergie Ebba Busch, a alimenté un conflit politique de longue date avec Berlin, en déclarant que l’Allemagne devrait diviser sa zone de prix de l’électricité et permettre aux fonds européens de financer les centrales nucléaires.

/ EURACTIV.com
EU Energy Ministers Council in Brussels
Le commissaire européen à l'Énergie et au Logement Dan Jørgensen (G) discute avec la ministre suédoise de l'Énergie, des Affaires et de l'Industrie Ebba Busch (D) lors d'un Conseil des ministres européens de l'Énergie à Bruxelles, Belgique, le 16 décembre 2024. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

Lundi 16 décembre, la ministre suédoise de l’Énergie Ebba Busch, a alimenté un conflit politique de longue date avec Berlin, en déclarant que l’Allemagne devrait diviser sa zone de prix de l’électricité et permettre aux fonds européens de financer les centrales nucléaires.

« Réunion après réunion, l’Allemagne a bloqué la possibilité de financer la production de nouvelles énergies de base sans fossile dans l’Union européenne », a rapporté Ebba Busch (PPE) avant une réunion des ministres de l’Énergie à Bruxelles.

« C’est une chose que les Allemands ne veuillent pas de l’énergie nucléaire pour eux-mêmes, mais c’en est une autre que d’empêcher d’autres pays d’accéder à ces fonds », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette opposition relevait de « l’hypocrisie ».

La déclaration de la ministre suédoise de l’Énergie fait suite à une première attaque contre l’Allemagne le 12 décembre, lorsque cette dernière s’est déclarée « furieuse » contre Berlin pour sa sortie du nucléaire. Selon Ebba Busch, la décision allemande a contribué à l’augmentation record des prix de l’énergie subie par la Suède.

Ce lundi, elle a également critiqué le refus de l’Allemagne de se conformer aux appels de l’Union européenne (UE) à diviser le pays en différentes zones de prix de l’électricité.

Malgré sa taille, l’Allemagne propose le même prix pour l’électricité sur l’ensemble du territoire, alors que les Suédois paient en fonction de leur lieu de résidence. L’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER), l’autorité de régulation de l’UE, a recommandé à Berlin d’adopter une répartition similaire en 2022, ce qui fait actuellement l’objet d’un débat animé.

« Je vois mal la Commission intervenir dans cette situation », a reconnu Ebba Busch, « mais […] nous aimerions que l’Allemagne introduise une zone de prix dans le nord de l’Allemagne. Cela réduirait considérablement l’impact des prix élevés de l’électricité en Allemagne sur la Suède », a-t-elle indiqué.

En échange de la création de zones tarifaires distinctes, Ebba Busch a proposé un soutien politique au projet de câble d’interconnexion entre les deux pays, qui est au point mort depuis longtemps et auquel elle avait opposé son veto en juin.

« Si l’Allemagne s’ouvrait à l’introduction d’une zone tarifaire dans le nord de l’Allemagne, nous pourrions alors nous asseoir et rediscuter du Hansa Power Bridge », a-t-elle conclu.