Stephen Boucher : "Nous pouvons amener les citoyens à s’intéresser à l’UE"

Dans un entretien accordé à EURACTIV, le co-secrétaire général de Notre Europe, Stephen Boucher, organisateur du premier sondage délibératif à l’échelle européenne Tomorrow’s Europe (l’Europe de demain), explique l’importance de l’opinion publique dans le processus de décision européen et affirme qu’il est possible d’y impliquer les citoyens.

Dans un entretien accordé à EURACTIV, le co-secrétaire général de Notre Europe, Stephen Boucher, organisateur du premier sondage délibératif à l’échelle européenne Tomorrow’s Europe (l’Europe de demain), explique l’importance de l’opinion publique dans le processus de décision européen et affirme qu’il est possible d’y impliquer les citoyens.

En bref :

« Il est possible d’impliquer les citoyens, de les intéresser et de mieux les informer sur l’UE », déclare Stephen Boucher, l’un des organisateurs du sondage délibératif européen. C’est la principale conclusion de cette expérience.

Tomorrow’s Europe a rassemblé 362 citoyens, choisis au hasard, pour discuter des réformes économiques et sociales, des futurs élargissements et du rôle de l’UE dans le monde.

Le sondage, mené par l’institut TNS, révèle une hausse du soutien aux réformes économiques et sociales après les débats des citoyens entre eux. Par exemple, le soutien à l’augmentation de l’âge de la retraite est passé de 26 à 40 %, et le soutien aux mesures visant à rendre plus attractif le fait de travailler plus longtemps avant la retraite est passé de 57 à 70 %.

M. Boucher explique : « Les gens acceptent la nécessité des réformes économiques et sociales et souhaitent que l’UE et leurs gouvernements nationaux prennent des initiatives. Après en avoir débattu, ils sont plus favorables à la réforme des systèmes de retraite ». 

La tendance n’est pas la même sur la question de l’élargissement. Le pourcentage des personnes favorables à l’adhésion de pays remplissant les conditions politiques et économiques a diminué de 65 à 60 % après les débats. En particulier, le soutien à l’adhésion de la Turquie à l’UE est tombé de 55 à 45 % et de 69 à 55 % pour l’Ukraine.

Les organisateurs espèrent que cette expérience exceptionnelle sera un « tremplin » pour de futurs sondages délibératifs. D’après Stephen Boucher, le principal problème est que « les citoyens se sentent loin des institutions européennes et des processus de décision. Pour eux, le lien entre leur opinion, leur vote et leur voix et les décisions quotidiennes de Bruxelles n’est pas évident, c’est pourquoi ils ne s’impliquent pas et sont désintéressés ». 

Les co-organisateurs de l’initiative Tomorrow’s Europe pensent que les sondages ont un rôle important à jouer dans le processus de décision européen. Pour M. Boucher, « évidemment, les décisions des responsables politiques ne doivent pas être guidées par les sondages. Cependant, les hommes politiques ont besoin d’être stimulés pour agir et les sondages délibératifs ont un pouvoir d’influence, car ils sont réellement représentatifs ».

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