Sortie du charbon : feu vert de l'UE pour une subvention allemande de 1,75 milliard d'euros
Le gouvernement allemand a annoncé mardi (4 juin) avoir reçu l’accord de principe de Bruxelles pour allouer des subventions d’une valeur de 1,75 milliard d’euros à l’entreprise de charbon LEAG. Néanmoins, un tiers de cette somme dépendra des futurs prix de l’électricité et du CO2.
Le gouvernement allemand a annoncé mardi (4 juin) avoir reçu l’accord de principe de Bruxelles pour allouer des subventions d’une valeur de 1,75 milliard d’euros à l’entreprise de charbon LEAG. Néanmoins, un tiers de cette somme dépendra des futurs prix de l’électricité et du CO2.
Dans le cadre d’une enveloppe de 40 milliards d’euros destinée à faciliter la sortie du charbon de l’Allemagne d’ici 2038, les grands groupes énergétiques du pays se sont vu promettre des milliards pour fermer leurs centrales électriques. L’entreprise d’Allemagne de l’Est LEAG, qui exploite des mines de charbon et des centrales électriques, recevra ainsi 1,75 milliard d’euros, une somme qui a reçu l’aval partiel de Bruxelles.
Le pays devait obtenir l’approbation de la Commission européenne en matière d’aides d’État avant de pouvoir débourser les fonds.
« Il s’agit d’une étape importante, en particulier pour les habitants de la région », a déclaré le ministre de l’Économie, Robert Habeck, lors d’une conférence de presse. Cependant, la décision n’est pas encore définitive.
Étant donné que l’Allemagne de l’Est, pour qui le charbon est encore une industrie essentielle, votera prochainement pour les élections municipales et européennes, il était « urgent » de parvenir à un accord, a expliqué Jörg Steinbach, ministre du Travail de l’État du Brandebourg.
Il attribue ce succès à la demande expresse de Robert Habeck et à d’autres responsables politiques de haut niveau à la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, qui est également une citoyenne allemande.
L’entreprise LEAG percevra les subventions en deux tranches : la première, de 1,2 milliard d’euros, est garantie et servira à restaurer les dommages liés aux décennies d’exploitation minière à ciel ouvert et à payer les retraites. Les 550 millions d’euros restants dépendent de la rentabilité de l’électricité produite à partir du charbon jusqu’en 2038.
Sur la base d’une formule qui n’a pas encore été divulguée, l’entreprise sera indemnisée pour le « manque à gagner » dû à la fermeture forcée de ses centrales.
Toutefois, si les forces du marché, à savoir des énergies renouvelables bon marché et des prix élevés du CO2, poussent les centrales à charbon de LEAG à fermer, le gouvernement allemand, actuellement en difficulté budgétaire, ne devra pas payer.
En effet, Robert Habeck a expliqué que si les centrales ne sont pas rentables et sont obligées de fermer indépendamment de la sortie du charbon, le gouvernement ne devrait pas indemniser les propriétaires des centrales.
Thorsten Kramer, directeur général de LEAG, s’est dit convaincu que la compensation serait versée dans les caisses de l’entreprise. Étant donné que ni l’énergie éolienne ni l’énergie solaire ne peuvent être réparties, « les centrales électriques fermeront lorsque le pays aura trouvé une autre garantie d’approvisionnement », a-t-il expliqué aux côtés du ministre Habeck.
De son côté, le géant énergétique d’Allemagne de l’Ouest RWE recevra 2,6 milliards d’euros pour éliminer progressivement le charbon, conformément à une décision du gouvernement allemand datant de 2021. Cette décision n’a pas suscité beaucoup de réactions de la part de Bruxelles, car l’entreprise s’est engagée à fermer ses centrales d’ici 2030.
Bruxelles doit encore approuver un plan de financement pour de nouvelles centrales électriques au gaz qui devraient produire 10 gigawatts (GW).
Le Green Brief : le G7 a-t-il donné le coup de grâce à l’industrie du charbon ?
Le Green Brief d’Euractiv, vous propose un tour d’horizon de l’actualité concernant l’énergie et l’environnement…
7 minutes
[Édité par Anna Martino]