Socialistes, Verts et Libéraux s’opposent à la collaboration avec l’extrême droite envisagée par Ursula von der Leyen
Les socialistes, écologistes et libéraux européens ont exprimé leur opposition à une réélection d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission si elle envisage une collaboration avec les Conservateurs et Réformistes européens d’extrême droite après les élections.
Les partis socialistes, écologistes et libéraux européens ont exprimé leur opposition à une éventuelle réélection d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne si elle envisage une collaboration avec les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) d’extrême droite après les élections de juin.
Lors du débat des têtes de liste pour les Européennes qui a eu lieu à Maastricht le 29 avril, l’actuelle présidente de l’exécutif n’a pas exclu de travailler avec le CRE, la famille politique de la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia) et le parti polonais Droit et Justice (PiS). Les différents groupes politiques ont vivement réagi à ces déclarations.
« Cela dépend beaucoup de la composition du Parlement et de qui est dans quel groupe », a expliqué Mme von der Leyen, tête de liste du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, avant d’ajouter : « C’est le Parlement qui fait les majorités. »
Si une majorité de droite composée du PPE, du CRE et du groupe Identité et Démocratie (ID) d’extrême droite est très peu probable, les forces de droite pourraient tout de même coopérer lors de la prochaine législature pour bloquer certains dossiers législatifs, comme cela a été le cas avec la loi sur la restauration de la nature.
Le Parti socialiste européen (PSE), les Verts/ALE et les libéraux (Renew Europe), dont le soutien sera essentiel pour que Mme von der Leyen obtienne la majorité nécessaire à sa reconduction à la tête de l’exécutif, ont clairement indiqué qu’ils ne participeraient pas à des négociations avec le groupe CRE.
Dans une déclaration datée du 4 mai le PSE refuse toute coopération avec l’extrême droite, y compris le CRE et ID. « Nous ne coopérerons jamais et ne formerons jamais de coalition avec l’extrême droite ! Cela signifie qu’il n’y aura pas de coopération ou d’alliances avec le CRE ou l’ID au Parlement européen », est-il indiqué dans la déclaration, signée par les dirigeants des partis socialistes nationaux.
En défiant clairement le PPE, les Socialistes européens exigent que tous les partis incluent le même engagement « formel et sans équivoque » contre les groupes CRE et ID dans une « déclaration de parti ».
Les libéraux ont eux aussi exprimé leur opposition à tout accord avec l’extrême droite.
Lundi (6 mai), la présidente du groupe libéral Renew Europe, Valérie Hayer, a déclaré qu’elle avait « eu l’occasion » de dire à Ursula von der Leyen que si elle devait être reconduite, il ne devait pas y avoir « de lien, pas de négociation » avec le groupe CRE.
Elle a ajouté que, contrairement au PPE, elle considère la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et le groupe CRE plus largement, comme étant d’extrême droite.
Les socialistes et les libéraux s’accordent tous deux à dire que la majorité traditionnelle « pro-européenne » avec le PPE devrait prévaloir dans la prochaine configuration de l’hémicycle.
Quant aux Verts, ils ont exprimé leur volonté de soutenir Ursula von der Leyen si elle s’engage en faveur d’un programme ambitieux du point de vue climatique.
« Vous pouvez être sûrs que non seulement nous excluons de former une majorité si le CRE est de la partie, mais nous allons également faire pression sur les autres groupes », a affirmé Terry Reintke, tête de liste des Verts européens et co-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement.
De nombreuses délégations nationales du PPE préfèrent une majorité avec les socialistes et les libéraux. C’est notamment le cas du parti allemand auquel appartient Mme von der Leyen, l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU), si les autres partis reconnaissent « que nous sommes la force la plus puissante », ce qui « doit également se refléter dans le contenu des compromis », a expliqué Daniel Caspary, chef de file de la CDU au Parlement européen, la semaine dernière.
Toutefois, avant ce s’annonce comme un vote très serré pour l’Allemande au Parlement européen si elle est préalablement choisie par le Conseil (les États membres) — rappelons qu’en 2019, elle a été approuvée par les eurodéputés avec une marge de neuf voix seulement —, M. Caspary a reconnu la nécessité pour le PPE d’être ouvert à des alternatives. Il s’agit notamment de la possibilité d’une collaboration avec certaines délégations du CRE considérées comme plus « modérées », comme Fratelli d’Italia et le Parti démocratique civique (ODS) tchèque, afin d’atteindre une majorité au sein de l’hémicycle.
Lorsque Mme von der Leyen a annoncé sa candidature à un second mandat, le 21 février, elle a souligné sa volonté de travailler avec toute force politique qui respecterait trois conditions : être pro-européen, pro-ukrainien et respectueux de l’État de droit.
Elle a également insisté sur le fait que la composition exacte du futur Parlement reste incertaine tout en évoquant la possibilité que certaines délégations du CRE passent au PPE.
Théo Bourgery-Gonse a contribué à la rédaction de cet article.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet & Anna Martino]