Slovaquie : le ministre de l’Intérieur dénonce les contrôles aux frontières intérieures de l’UE

La réponse à la crise migratoire réside dans le renforcement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen, et non dans les contrôles aux frontières intérieures entre les États membres, a déclaré le ministre slovaque de l’Intérieur.

EURACTIV Slovaquie
Fleeing Ukrainians enter Slovakia through Vysne Nemecke border crossing
Le chef de la police slovaque affirme que la protection des frontières extérieures de Schengen n’est pas la responsabilité d’un seul État membre, mais celle de tous, car la lutte contre l’immigration clandestine permet de réduire les risques pour la sécurité de tous les pays de l’UE. [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

La réponse à la crise migratoire réside dans le renforcement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen, et non dans les contrôles aux frontières intérieures entre les États membres, a déclaré le ministre slovaque de l’Intérieur, Roman Mikulec.

M. Mikulec a indiqué que la Slovaquie allait envoyer 40 policiers à la frontière entre la Hongrie et la Serbie, où ils sont censés alléger la pression exercée sur leurs collègues hongrois par l’immigration clandestine.

Les policiers slovaques serviront dans des unités mixtes. Leur mission devrait durer deux mois. Selon M. Mikulec, des policiers d’autres pays sont déjà présents, bien qu’il n’ait cité que l’Autriche. Il estime que d’autres pays suivront.

« Nous nous préparons à envoyer 20 ou 30 policiers supplémentaires à Frontex, car nous pensons que Frontex est l’agence qui doit protéger les frontières extérieures de Schengen », a déclaré M. Mikulec. Et d’ajouter que les ministres de l’Intérieur ont discuté de cette question la semaine dernière au Luxembourg et que la majorité des autres pays étaient également d’accord.

Le chef de la police slovaque, Štefan Hamran, partage cet avis et affirme que la protection des frontières extérieures de Schengen n’est pas la responsabilité d’un seul État membre, mais celle de tous, car la lutte contre l’immigration clandestine permet de réduire les risques pour la sécurité de tous les pays de l’UE.

Une telle déclaration tranche nettement avec la position slovaque de 2014-2015, lorsque la plupart des responsables politiques rejetaient fermement les quotas de relocalisation et rappelaient que la protection des frontières extérieures relevait de la responsabilité des pays frontaliers.

La République tchèque et l’Autriche ont imposé fin septembre des contrôles temporaires à leurs frontières avec la Slovaquie pour empêcher les migrants en situation irrégulière d’entrer dans le pays. Ces contrôles étaient initialement censés durer dix jours. Ils ont toutefois été prolongés jusqu’à nouvel ordre.