Slovaquie : des candidats aux législatives se retirent à cause de leur comportement
Des violences verbales et physiques ont contraint des candidats à se retirer avant les élections législatives anticipées du 30 septembre en Slovaquie. Un candidat a frappé un passant lors d’un évènement de campagne et un autre a envoyé des messages à un étudiant promettant de « décapiter les progressistes ».
Des violences verbales et physiques ont contraint des candidats à se retirer avant les élections législatives anticipées du 30 septembre en Slovaquie. Un candidat a frappé un passant lors d’un évènement de campagne et un autre a envoyé des messages à un étudiant promettant de « décapiter les progressistes ».
Ces incidents sont survenus après que le Premier ministre Ľudovít Ódor ait averti que la Slovaquie était en train de devenir une « république bananière » après que l’ancien Premier ministre Igor Matovič (Les Gens ordinaires et personnalités indépendantes, OĽaNO/Parti populaire européen) se soit battu avec des responsables politiques du SMER – social-démocratie (Socialistes et Démocrates européens) lors d’une conférence de presse.
Les deux candidats, actuellement députés, l’un du parti OĽaNO, et l’autre du Mouvement chrétien-démocrate (KDH/Parti populaire européen), ont été retirés de leurs listes respectives.
« Nous condamnons la violence. La violence physique n’a pas sa place dans une société décente », a commenté M. Matovič à propos de Tomáš Holkovič, ancien candidat du parti OĽaNO, qui a décidé de se retirer au cours du week-end après avoir été filmé en train de frapper un homme. Selon lui, ce dernier lui aurait craché dessus lors d’une étape de sa campagne à Bratislava.
M. Matovič lui-même s’est battu avec l’ancien ministre de l’Intérieur Robert Kaliňák et lui aurait porté des coups au niveau de la poitrine alors qu’il tentait de perturber une conférence de presse du SMER.
Du côté du KDH, l’ancien candidat, Robert Dohál a été retiré de la liste électorale du parti après qu’un élève se soit manifesté et ait partagé des messages textuels dans lesquels M. Dohál promettait de « décapiter » toute personne osant faire la leçon aux enfants sur des « monstruosités », telles que la transition de genre.
« Nous considérons que de telles déclarations sont inacceptables, même dans une correspondance privée », a déclaré Milan Majerský, chef de file du KDH, qui s’est récemment excusé après avoir qualifié l’« idéologie » LGBTI+ de « fléau » lors d’un débat télévisé.
Les déclarations de M. Dohál, qui comprenaient une rhétorique antimusulmane et antisémite, visaient le programme électoral du parti Slovaquie Progressiste (PS/Renew), qui arrive en seconde position dans les sondages. Depuis sa montée en puissance, le groupe fait l’objet d’attaques croissantes, notamment de fausses affirmations selon lesquelles l’un de ses candidats, Tomáš Hellebrandt, serait décédé des suites de l’administration du vaccin contre la Covid.
Le canular, qui a vu le jour sur Telegram mais qui a depuis gagné du terrain sur Facebook, est partagé par Danny Kollár, un YouTubeur et animateur de podcast, qui fait l’objet de trois mandats d’arrêt internationaux pour crimes extrémistes.
Les élections anticipées en Slovaquie seront les premières à être couvertes par la nouvelle loi européenne sur les services numériques (Digital Services Act), qui impose aux plateformes de médias sociaux de lutter contre la désinformation et la manipulation des élections.
En avril, le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, s’est déclaré « particulièrement préoccupé » par la modération des contenus sur Facebook, qui joue un « rôle important » dans la formation de l’opinion en Slovaquie avant les élections.