Selon le président serbe, les États-Unis vont sanctionner la compagnie pétrolière NIS
Selon le président serbe Aleksandar Vučić, la compagnie Industrie Pétrolière de Serbie (NIS), possédée en majorité par Gazprom, va prochainement être sanctionnée par l'administration américaine.
Selon le président serbe Aleksandar Vučić, la compagnie Industrie Pétrolière de Serbie (NIS), possédée en majorité par Gazprom, va prochainement être sanctionnée par l’administration américaine.
Le 13 décembre dernier, Aleksandar Vučić a annoncé qu’il disposait d’informations indiquant que les États-Unis imposeraient des « sanctions complètes » contre la compagnie NIS, ce qui pourrait menacer l’approvisionnement du pays en produits dérivés du pétrole.
Le président serbe avait déploré la situation, affirmant que personne ne prendrait le risque de traiter avec une entreprise soumise à des sanctions américaines.
La NIS (Naftna Industrija Srbije) est l’une des entreprises les plus rentables de Serbie et le piler de son système énergétique. Elle a engrangé des recettes de 3,3 milliards d’euros l’année dernière, soit 4,5 % du PIB du pays.
Depuis 2008, l’entreprise publique russe Gazprom Neft et sa société mère Gazprom détiennent une participation majoritaire de 56,15 % dans la NIS. La Serbie en détient 29,87 %.
Dans sa déclaration, Aleksandar Vučić a dépeint un scénario apocalyptique, affirmant qu’après les sanctions américaines contre la NIS, l’oléoduc Croatian Adriatic (JANAF) cesserait immédiatement de livrer du pétrole à la Serbie.
À l’heure actuelle, l’oléoduc fournit 80 % des besoins en pétrole du pays.
Il a également annoncé qu’il discuterait de la question avec Moscou et Washington, et a ordonné aux membres du gouvernement serbe de former une équipe de négociation. Toujours selon lui, les sanctions devraient être dévoilées d’ici le 15 janvier.
La Serbie aurait l’argent nécessaire pour acheter la NIS, a assuré Aleksandar Vučić. Pour le président serbe, l’administration américaine craint que la Russie ne renfloue ses caisses avec l’argent qu’elle recevrait de la vente de la NIS.
Ces déclarations n’ont toutefois pas été confirmées par les Américains.
En Serbie, certaines figures de l’opposition accusent le président d’utiliser la perspective des sanctions pour détourner l’attention des problèmes intérieurs.
L’ambassadeur américain en Serbie, Christopher Hill, a clairement indiqué cette semaine que Washington ne ferait rien qui puisse nuire à l’économie serbe. Cité par BETA, ce dernier a également déclaré que la coopération avec les entreprises russes, en particulier dans le secteur de l’énergie, « est depuis longtemps un risque connu ».
The Pavlovic Today, un média indépendant basé aux États-Unis et couvrant la Serbie, s’est montré sceptique quant à la prédiction alarmiste du président. Le média a cité des sources au sein de la future administration Trump selon lesquelles il était peu probable que Joe Biden impose des sanctions à la compagnie pétrolière serbe alors qu’il doit prochainement quitter la Maison-Blanche.
Selon l’ancien ambassadeur bulgare à Moscou, Ilian Vassilev, éditeur d’Alternativata — un média spécialisé dans l’énergie et la géopolitique —, Aleksandar Vučić aurait expliqué aux Américains qu’il était prêt à permettre à un investisseur américain d’obtenir des parts dans la NIS.
Ilian Vassilev a expliqué à Euractiv qu’il avait reçu cette information d’une source ayant connaissance de la partie serbe de l’accord. Selon ce dernier, Aleksandar Vučić est conscient que le Kremlin ne peut plus tirer les mêmes avantages économiques du pétrole, et c’est la raison pour laquelle il retourne sa veste.
« Le fait est qu’[Aleksandar] Vučić forcera les Russes à vendre, et il tirera le meilleur parti de l’accord », a déclaré l’ancien diplomate.
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[Édité par Alice Bergoënd]