Sept mois avant les européennes, les partis français s’organisent - 2/2

Après l’UMP, le PS, le FN et le Nouveau centre, EURACTIV.fr fait le point sur les préparatifs des élections européennes de juin 2009 chez les Verts, au MoDem, au MPF, au PCF et au Nouveau parti anticapitaliste.

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Après l’UMP, le PS, le FN et le Nouveau centre, EURACTIV.fr fait le point sur les préparatifs des élections européennes de juin 2009 chez les Verts, au MoDem, au MPF, au PCF et au Nouveau parti anticapitaliste.

Retrouvez la première partie de notre article sur la préparation des élections européennes en France en cliquant ici

La préparation des élections européennes se poursuit dans les principaux partis français, poussée par la présidence française de l’Union européenne, mais aussi par la place prise par l’UE dans les propositions faites après la crise financière.

PCF : liste de rassemblement

Le 24 octobre, le Conseil national du parti communiste français (PCF) a estimé que la crise financière mondiale plaçait «toutes les forces de gauche européennes face à un défi : celui de se hisser à la hauteur des enjeux de l’heure (…) pour s’attaquer aux racines du mal et changer radicalement de cap.»

Sur le fond, «un nouveau modèle social européen» existe pour les communistes. Il est fondé notamment sur la sécurisation de l’emploi, la formation et la qualification, de bons salaires ainsi qu’une protection sociale de haut niveau et des services publics modernes».

Par ailleurs, une commission travaille sur le programme jusqu’au mois de décembre. A cette date, la campagne sera officiellement lancée lors du 34e congrès du parti communiste, qui aura lieu à Paris du 11 au 14 décembre.

Sur la forme, le document évoque également la nécessité de «réaliser (…) le rassemblement le plus large possible». Le PCF prend ainsi l’initiative de lancer un appel aux forces politiques et sociales. Une liste rassemblant les nonistes de gauche? «Pas exactement», corrige Daniel Cirera, responsable des questions européennes au PCF. «Evidemment, on retrouvera des gens qui ont voté “non“ au traité constitutionnel européen, mais ce ne sera pas le seul critère.» 

Autre certitude : le député européen sortant Jacky Hénin occupera la tête de liste dans le Nord-Ouest. Le président de la Gauche unitaire européenne, Francis Wurtz, en revanche, ne briguera pas de nouveau mandat.

MPF : un même label pour les partis souverainistes européens

Le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers est également en pleine préparation. L’entrevue entre le président du conseil général de Vendée et Nicolas Sarkozy, révélée début novembre par le journal Le Monde, constitue un sérieux appel du pied du chef de l’État envers le parti du vicomte. «Il est normal que le chef de parti rencontre le chef de l’État», tempère Patrick Louis, député européen et secrétaire général du mouvement.

Malgré cela, le MPF est bien déterminé à présenter ses propres listes dans toutes les régions. D’autant plus que la campagne, présentée il y a quelques mois comme un référendum «pour ou contre Bruxelles» par Philippe de Villiers, est menée en étroite collaboration avec Declan Ganley, le leader du non irlandais lors du référendum sur le traité de Lisbonne. Le riche entrepreneur irlandais prévoit de coordonner et de soutenir la campagne de listes souverainistes dans la plupart des États membres. «Ces listes seront regroupées sous un même label : “L’Europe des nations“», explique Patrick Louis.

«Notre objectif, poursuit-il, ce n’est pas de faire un moule à gauffres qui formate les partis. Nous savons que nous sommes tous différents et que sur certains points, nous ne sommes pas d’accord. On ne peut pas empêcher les Grecs de regarder vers la Russie et les Irlandais de regarder vers l’OTAN.»Du côté du programme, «on y travaille tous les jours, depuis cinq ans», assure M. Louis.

«Notre conviction profonde, c’est que ce qui marche, c’est l’intergouvernemental, et pas l’Union européenne», poursuit-il, avant d’assurer que les solutions proposées par Nicolas Sarkozy à la crise financière n’auraient pas été possibles si le traité de Lisbonne était en vigueur. Le slogan demeure également : «Oui à l’Europe, non à Bruxelles». Patrick Louis devrait figurer sur une liste. Philippe de Villiers, a, quant à lui, déjà annoncé qu’il mènerait la campagne pour briguer une nouvelle fois un siège d’eurodéputé.

Verts : où sont les femmes?

Chez les Verts français, les préparatifs sont là aussi bien avancés. Le 20 octobre, les co-présidents du groupe Verts/ALE au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit et Monica Frassoni ont présenté la liste Europe écologie. Aussi ont-ils publié un «manifeste» dans lequel ils dénoncent un «modèle de développement (…) pulvérisé par les faits». Le texte préconise l’emploi d’instruments financiers pour «engager des réformes incompatibles avec l’hégémonie productiviste et consumériste» : «décroissance des flux de matière et d’énergie sans recours au nucléaire ou aux agrocarburants, nouvelle donne économique basée sur la proximité des échanges»,…

A la question d’une journaliste portant sur la précocité du départ en campagne du parti vert, Daniel Cohn-Bendit nie mener une opération «politicienne». «Ce qui est politicien, c’est de faire une liste trois semaines avant les élections et de dire “votez pour nous”. (…) On ne prend pas de l’avance, on répond à l’urgence d’aujourd’hui.»

Les Verts travaillent sur quatre axes : remise à plat de la politique agricole commune, l’Europe et le reste du monde, l’emploi et l’économie, les questions institutionnelles. Ce dernier groupe est piloté par le vice-président du Parlement européen Gérard Onesta. La liste regroupe à la fois les verts français, des représentants d’ONG et de la société civile. On y trouve notamment Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, qui devraient tous deux figurer en tête de la liste présentée en Île-de-France; mais aussi l’altermondialiste José Bové, le bras droit de Nicolas Hulot Jean-Paul Besset et l’ancien directeur des programmes de Greenpeace-France Yannick Jadot. Antoine Waechter, fondateur du Mouvement écologiste indépendant (MEI) se poserait quant à lui la question de son retrait des listes d’Europe-écologie, alors qu’il s’était engagé à la suite de l’ancien leader de Mai-68.

Formellement, les non-verts qui veulent être tête de liste doivent se présenter au parti avant le 20 novembre. Pour les verts, la décision sera prise par le parti le 17 janvier. A cette date, un pré-programme sera rendu public, en même temps que l’annonce officielle des têtes de liste françaises. Mais avant cela, le parti écologiste est confronté à un problème inattendu : «Ce qui m’inquiète, c’est la très faible présence des femmes. C’est le reflet du monde associatif, où les hommes sont majoritaires», explique Danielle Auroi, déléguée «Europe» au conseil exécutif des Verts, qui identifie ce point comme «le plus sensible du moment».

MoDem : participatif

Le MoDem de François Bayrou a mis en place seize «groupes de projet Europe» «ouverts à tous ceux qui le souhaitent». Les thématiques abordées sont larges : elles vont des valeurs européennes, à la politique agricole, en passant par le fonctionnement de l’Union européenne, la recherche, l’énergie ou encore la politique internationale.

Le MoDem revendique près de 2.500 inscrits à ces groupes, qui aboutiront, de mi-janvier à mi-avril, à seize conventions thématiques dans autant de villes de France. Avant cela, fin 2008, François Bayrou tracera les grandes lignes de la campagne à venir, dans ce qui devrait ressembler à un manifeste. «Nous voulons surtout porter une vision», explique Marielle de Sarnez, la vice-présidente du parti et responsable du «projet européen». Une vision fondée tant sur «le modèle de société juste et durable que l’Europe devra soutenir, que sur la responsabilité de l’Erope quant à l’équilibre du monde».

Le parti, qui dispose actuellement de sept députés au Parlement européen, dont la vice-présidente du mouvement, Marielle de Sarnez, a souffert, pendant la dernière législature, de la transformation de l’UDF en MoDem. Janelly Fourtou et Claire Gibault ont suivi Jean-Marie Cavada à «Avenir démocrate», un cercle toujours rattaché à l’ALDE mais rallié à Nicolas Sarkozy.

Marielle de Sarnez devrait être tête de liste en Île-de-France. Quitterie Delmas devrait, quant à elle être présentée à une place éligible dans la circonscription Centre-Massif central. L’ancien directeur de Marianne, Jean-François Kahn, briguera la tête de liste dans le grand Est. Une menace pour Jean-Marie Beaupuy, élu actuel de la région et candidat à sa propre succession. «Nous sommes en république, réagit M. Beaupuy. Chacun se présente s’il le veut. Les instances nationales trancheront.» Et il prévient : «Comme dans toutes les élections, ça restera ouvert jusqu’à la fermeture légale des listes.»

NPA : pas encore le moment

La campagne des européennes constituera la première bataille du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot. Le parti, qui tiendra son congrès fondateur au mois de janvier, devra s’organiser rapidement. Il prétendra agréger «les écœurés de la gauche traditionnelle».

Au cours d’un premier rassemblement, le 6 novembre à Paris, le leader de la LCR, qui fut aussi assistant parlementaire d’Alain Krivine au Parlement européen, a appelé à constituer «une autre Europe».

Agenda :

  • Novembre ou décembre : François Bayrou présente le programme du MoDem
  • 14-16 novembre: Congrès de parti socialiste, à Reims
  • 11-14 décembre: Congrès du parti communiste, à Paris
  • Janvier ou février: le MoDem présente ses têtes de liste
  • Mi-janvier : Le conseil national de l’UMP annonce désigne ses têtes de liste
  • Courant janvier: Convention du Nouveau Centre
  • Février : Le Front national publie son programme
  • 11-14 décembre : PCF
  • Début 2009 : Le MoDem annonce ses têtes de liste
  • 7 juin 2009 : Elections européennes