Semaine de quatre jours : la Finlande ouvre le débat
Les résultats prometteurs d’un essai grandeur nature d'une semaine de quatre jours en entreprise au Royaume-Uni ont relancé le débat en Finlande avant les élections d’avril.
Les résultats prometteurs d’un essai grandeur nature d’une semaine de quatre jours en entreprise au Royaume-Uni ont relancé le débat en Finlande avant les élections d’avril.
Quelque 2 900 employés de 61 entreprises ont participé à l’essai britannique, promu par 4 Day Week Global, qui préconise une semaine de travail de 32 heures. Dans une enquête menée après six mois, 39 % ont déclaré être moins stressés, 40 % ont mieux dormi et 54 % ont trouvé plus facile de concilier vie professionnelle et vie privée.
La gauche finlandaise s’est empressée de reprendre les résultats et de les inclure dans la campagne électorale en cours. La leader du parti social-démocrate et Première ministre Sanna Marin avait évoqué l’idée pour la première fois en 2019.
Le vice-président du parti Matias Mäkynen a suggéré de lancer une vaste enquête sur la semaine de quatre jours au cours de la prochaine législature. Pour lui donner plus de poids, M. Mäkynen a fait référence à des enquêtes montrant que l’épuisement professionnel et le malaise sont devenus une maladie nationale.
Le soutien est également venu du président de l’Alliance de gauche, Li Andersson.
« Génial ! Les résultats de l’essai britannique sont révolutionnaires […] Peut-être que le débat sur la vie professionnelle en Finlande devient lentement plus moderne », a-t-il tweeté.
Dans sa déclaration, l’Organisation centrale des syndicats finlandais (SAK) a suggéré de tester un temps de travail de 80 %.
Les réactions à droite de l’échiquier politique ont été beaucoup plus tamisées.
Un député du parti libéral-conservateur Coalition nationale (NCP), Arto Satonen, a qualifié l’idée d’« absurde ». Le temps de travail devrait être augmenté, et non réduit, puisque les entreprises souffrent déjà de pénuries de main-d’œuvre. La Confédération des industries finlandaises (EK) a fait une déclaration similaire.
Pour satisfaire toutes les parties, le ministère des Affaires économiques et de l’Emploi a annoncé qu’il trouverait d’ici la fin du mois de mars les meilleurs moyens de mener des essais sur la réduction du temps de travail.